Bonjour les amis !
Allez, je sais, que, pour la plupart, vous êtes encore en robe de chambre et pantoufles ( Mamie peut bien attendre ses chrysantèmes), donc, je vous propose une sélection de petits cartoons effrayants à savourer en amuse-gueule du poulet de midi.
D'abord, à tout seigneur tout honneur, un Betty Boop de 1933 :
Un Porky de 1939, Signé Clampett :
( désolé pour la copie, mais ce film, fort bon, n'a pas encore été restauré...)
Un Popeye de 1954 :
Et, enfin , le superbe "The Skeleton Dance", estampillé 1929,réalisé par Ub Iwerks sur la Danse Macabre de Saint-Saëns, première des Silly Symphonies produites par Disney...
A noter, pour la petite histoire, que les "Silly Symphonies" étaient, au départ, un "cadeau" de Disney à son compositeur Carl Stalling, qui s'ennuyait sur la musique des Mickey Mouse...
J'aurais bien mis en ligne des cartoons sur la Toussaint, mais je n'en ai pas trouvés...
A plus.
Fred.
mardi 1 novembre 2011
lundi 31 octobre 2011
LAMOUREUX PLUS FORT QUE LA MORT ?
Bonjour les amis !
Il fallait s'y attendre : tout comme, la semaine dernière, Jean Amadou a été réduit au seul "Bébête Show", pourtant tardif dans sa carrière, le pauvre Robert Lamoureux a eu droit, comme oraison funèbre, à la redif' de passages de la 7ème Compagnie.
Et pourtant, l'apport le plus important de Lamoureux a été dans le domaine du cabaret, de ce qu'on n'appelait pas encore le one-man-show.
Lamoureux a en effet fait, dans les années 50, la synthèse parfaite d'une franchouillardise dynamique, d'une insolence à la Bruant, et d'un sens de l'absurde que n'aurait pas renié Pierre Dac. Là où les chansonniers employaient encore un langage châtié et s'exprimaient en rimes, il prenait les tics et le vocabulaire du français moyen, hérité de son passé de camelot. Ce qui donnait souvent de grands moments de délire , comme dans ces extraits mêlés de "Retour de vacances" et de "La Chasse " :
Robert Lamoureux - Retour de vacances par kyssiane
Il fut également un auteur de chansons particulièrement inspiré, redécouvert, entre autres, par François Morel, ou, de son vivant , par Mouloudji, qui avait crée son "Qu'est-ce que tu crois ?:
Il fut également un surprenant Arséne Lupin pour Jacques Becker, puis pour Yves Robert :
Les années passant, il s'installa dans le théâtre de boulevard, toujours avec un grand sens du dialogue. Mais le côté franchouillard s'affirma , dans les années 70, la fantaisie s'atténua au profit de la démagogie, et son cinéma ne fut pas ce qu'il fit de mieux.
Néanmoins, dans une de ses dernière piéces, "Si je peux me permettre",face à Balutin, il retrouve , par moments, l'inspiration délirante de ses débuts :
Voilà. Robert Lamoureux est mort. Mais le canard, lui, est toujours vivant...
A plus.
Fred.
Il fallait s'y attendre : tout comme, la semaine dernière, Jean Amadou a été réduit au seul "Bébête Show", pourtant tardif dans sa carrière, le pauvre Robert Lamoureux a eu droit, comme oraison funèbre, à la redif' de passages de la 7ème Compagnie.
Et pourtant, l'apport le plus important de Lamoureux a été dans le domaine du cabaret, de ce qu'on n'appelait pas encore le one-man-show.
Lamoureux a en effet fait, dans les années 50, la synthèse parfaite d'une franchouillardise dynamique, d'une insolence à la Bruant, et d'un sens de l'absurde que n'aurait pas renié Pierre Dac. Là où les chansonniers employaient encore un langage châtié et s'exprimaient en rimes, il prenait les tics et le vocabulaire du français moyen, hérité de son passé de camelot. Ce qui donnait souvent de grands moments de délire , comme dans ces extraits mêlés de "Retour de vacances" et de "La Chasse " :
Robert Lamoureux - Retour de vacances par kyssiane
Il fut également un auteur de chansons particulièrement inspiré, redécouvert, entre autres, par François Morel, ou, de son vivant , par Mouloudji, qui avait crée son "Qu'est-ce que tu crois ?:
Il fut également un surprenant Arséne Lupin pour Jacques Becker, puis pour Yves Robert :
Les années passant, il s'installa dans le théâtre de boulevard, toujours avec un grand sens du dialogue. Mais le côté franchouillard s'affirma , dans les années 70, la fantaisie s'atténua au profit de la démagogie, et son cinéma ne fut pas ce qu'il fit de mieux.
Néanmoins, dans une de ses dernière piéces, "Si je peux me permettre",face à Balutin, il retrouve , par moments, l'inspiration délirante de ses débuts :
Voilà. Robert Lamoureux est mort. Mais le canard, lui, est toujours vivant...
A plus.
Fred.
dimanche 30 octobre 2011
CINEMA DE MINUIT - ARCHEOLOGIE DU NANAR...
Bonjour les amis !
Ce soir, à 00 H 15, sur F3 : "L"Ecole des Contribuables" (1934) de René Guissart.
Lorsque j'étais cinéphile débutant, il y a une vingtaine d'années, j'imaginais que les années 30, en France, étaient une sorte d'Âge d'Or, où se succédaient , à l'affiche, semaine après semaine, "Boudu Sauvé des Eaux", "Les Misérables", "Pépé le Moko", et tant d'autres chefs d'oeuvre que j'avais eu l'occasion de découvrir.
Et puis un jour, à Emmaüs, je suis tombé sur des numéros de "Ciné-Miroir" datant de cette époque-là. Cette revue était, pour aller vite, l'équivalent de "Première" aujourd'hui. Et que vois-je en couverture de ces revues ? Euh... "Le Train de 08 H 47" avec le comique troupier Bach, un mélo à deux sous avec Jean Murat et une actrice inconnue... Et en feuilletant l'intérieur du journal, je ne trouve pas mieux. Des petits films, des vaudevilles militaires, avec des interviews d'acteurs que même les amateurs les plus pointus ont oublié.
L'Histoire du Cinéma est trompeuse. Déjà à l'époque, les plus grands succès commerciaux n'étaient pas les meilleurs films. N'oublions pas que "Boudu" et "La Règle du Jeu" furent des fours en leur temps. Et notamment à l'aube du cinéma parlant, le public populaire se ruait sur des divertissements bas de gamme, qui leur faisaient juste passer un bon moment.
Les chaînes thématiques du câble, puis le DVD , ont permis , depuis, de redécouvrir ces perles d'époque.
"L'Ecole des Contribuables" fait incontestablement partie de cette catégorie.
Son réalisateur , René Guissart, est l'auteur d'autres oeuvres impérissables telles que "Ah ! Quelle gare !", "Tu seras duchesse", ou encore "A Nous Deux, Madame La Vie !". Il tournera son dernier film en 1938. Encore a-t-il souvent eu la chance de travailler avec des auteurs en vogue, tel le boulevardier Yves Mirande, ou, comme ici, de s'inspirer d'une pièce du populaire mais daté Louis Verneuil.
A quoi peut-on reconnaître un nanar des années 30 ? Eh bien, déjà, dans sa distribution, on y trouve Armand Bernard.
Armand Bernard était un acteur omniprésent dans le cinméa populaire de cette époque. Et aujourd'hui, même les cinéphiles les plus acharnés l'ont oublié. Pourquoi ? Eh bien, parce que, dans sa filmographie, on trouve 90 % de nanars !
Sa filmographie est accablante : de "Ma Tante d'Honfleur" en 1923, à la "Bande à Bobo" en 63, on trouve ce que le cinéma français a pu produire de plus idiot. Et ses apparitions secondaires dans "Le Million" de René Clair ou "Les Disparus de Saint-Agil" de Christian-Jaque n'ont pu suffire à redresser la barre. Par ailleurs, son jeu a assez mal vieilli . Il a donc disparu de la liste de ceux qu'on appelle "les Monstres Sacrés".
Ce qui n'est pas le cas de son partenaire Pierre Larquey :
Pierre Larquey est d'abord l'homme d'un record : 233 films tournés en 30 ans, dont par exemple, 11 pour la seule année 1937. Larquey accepte tout. Ca tombe bien, il est très demandé. Aussi bien par les mêmes nanardeurs qui emploient Bernard que par les cinéastes "importants" : Raymond Bernard, Duvivier, Pagnol (qui le découvre dans "Topaze"), Tourneur, Guitry, et, surtout, surtout, Clouzot, dont il devient l'acteur fétiche, dans "L'Assassin habite au 21", et dans l'inoubliable "Corbeau", en 1943, où il joue le rôle de sa vie, aux côtés de Pierre Fresnay :
Où est l'ombre, où est la lumière par Leboc
C'est pour cette prestation, et pour de nombreuses autres, tout aussi savoureuses, que Larquey reste, encore aujourd'hui , un chouchou des amateurs de "vieux" films...
A noter que, quelques mois auparavant, il avait incarné le rôle principal de "Pension Jonas", le SEUL film de l'Histoire du Cinéma à avoir été interdit... pour imbécilité !!
A plus.
Fred.
Ce soir, à 00 H 15, sur F3 : "L"Ecole des Contribuables" (1934) de René Guissart.
Lorsque j'étais cinéphile débutant, il y a une vingtaine d'années, j'imaginais que les années 30, en France, étaient une sorte d'Âge d'Or, où se succédaient , à l'affiche, semaine après semaine, "Boudu Sauvé des Eaux", "Les Misérables", "Pépé le Moko", et tant d'autres chefs d'oeuvre que j'avais eu l'occasion de découvrir.
Et puis un jour, à Emmaüs, je suis tombé sur des numéros de "Ciné-Miroir" datant de cette époque-là. Cette revue était, pour aller vite, l'équivalent de "Première" aujourd'hui. Et que vois-je en couverture de ces revues ? Euh... "Le Train de 08 H 47" avec le comique troupier Bach, un mélo à deux sous avec Jean Murat et une actrice inconnue... Et en feuilletant l'intérieur du journal, je ne trouve pas mieux. Des petits films, des vaudevilles militaires, avec des interviews d'acteurs que même les amateurs les plus pointus ont oublié.
L'Histoire du Cinéma est trompeuse. Déjà à l'époque, les plus grands succès commerciaux n'étaient pas les meilleurs films. N'oublions pas que "Boudu" et "La Règle du Jeu" furent des fours en leur temps. Et notamment à l'aube du cinéma parlant, le public populaire se ruait sur des divertissements bas de gamme, qui leur faisaient juste passer un bon moment.
Les chaînes thématiques du câble, puis le DVD , ont permis , depuis, de redécouvrir ces perles d'époque.
"L'Ecole des Contribuables" fait incontestablement partie de cette catégorie.
Son réalisateur , René Guissart, est l'auteur d'autres oeuvres impérissables telles que "Ah ! Quelle gare !", "Tu seras duchesse", ou encore "A Nous Deux, Madame La Vie !". Il tournera son dernier film en 1938. Encore a-t-il souvent eu la chance de travailler avec des auteurs en vogue, tel le boulevardier Yves Mirande, ou, comme ici, de s'inspirer d'une pièce du populaire mais daté Louis Verneuil.
A quoi peut-on reconnaître un nanar des années 30 ? Eh bien, déjà, dans sa distribution, on y trouve Armand Bernard.
Armand Bernard était un acteur omniprésent dans le cinméa populaire de cette époque. Et aujourd'hui, même les cinéphiles les plus acharnés l'ont oublié. Pourquoi ? Eh bien, parce que, dans sa filmographie, on trouve 90 % de nanars !
Sa filmographie est accablante : de "Ma Tante d'Honfleur" en 1923, à la "Bande à Bobo" en 63, on trouve ce que le cinéma français a pu produire de plus idiot. Et ses apparitions secondaires dans "Le Million" de René Clair ou "Les Disparus de Saint-Agil" de Christian-Jaque n'ont pu suffire à redresser la barre. Par ailleurs, son jeu a assez mal vieilli . Il a donc disparu de la liste de ceux qu'on appelle "les Monstres Sacrés".
Ce qui n'est pas le cas de son partenaire Pierre Larquey :
Pierre Larquey est d'abord l'homme d'un record : 233 films tournés en 30 ans, dont par exemple, 11 pour la seule année 1937. Larquey accepte tout. Ca tombe bien, il est très demandé. Aussi bien par les mêmes nanardeurs qui emploient Bernard que par les cinéastes "importants" : Raymond Bernard, Duvivier, Pagnol (qui le découvre dans "Topaze"), Tourneur, Guitry, et, surtout, surtout, Clouzot, dont il devient l'acteur fétiche, dans "L'Assassin habite au 21", et dans l'inoubliable "Corbeau", en 1943, où il joue le rôle de sa vie, aux côtés de Pierre Fresnay :
Où est l'ombre, où est la lumière par Leboc
C'est pour cette prestation, et pour de nombreuses autres, tout aussi savoureuses, que Larquey reste, encore aujourd'hui , un chouchou des amateurs de "vieux" films...
A noter que, quelques mois auparavant, il avait incarné le rôle principal de "Pension Jonas", le SEUL film de l'Histoire du Cinéma à avoir été interdit... pour imbécilité !!
A plus.
Fred.
vendredi 28 octobre 2011
BIZARRERIES - 5 et fin - TERREUR A TINY TOWN
Bonjour les amis !
Amis du mauvais goût, accrochez-vous ! Voici le premier western intégralement tourné par desnains personnes de petite taille !
Nous sommes en 1938. De nombreux producteurs indépendants cherchent "la" bonne idée pour faire leur trou à Hollywood. L'un d'eux, Jed Buell croit avoir l'idée du siècle : produire un film uniquement interprété par desnains personnes de petite taille !
Justement, ça tombe bien : le casting du "Magicien d'Oz" vient de commencer, et, pour le rôle des petits Munchkins, des centaines d'acteurs ont fait le déplacement à Hollywood. Pour la réalisation, Buell fait appel à Sam Newfield, grand nanardeur devant l'éternel, qui pondra moult bouses pour la Monogram, dont l'incroyable "Nabonga", dont je vous reparlerai un de ces quatre...
Mais le plus surprenant est qu'il arrive à intéresser au projet... la Columbia Pictures, qui, depuis le triomphe du "New-York/Miami" de Capra en 1934 , joue pourtant dans la cour des grands. Et le film se fait. Et ça donne ça :
Ou encore ça :
Eh oui, ils chevauchent des poneys !
Ce film, devenu aujourd'hui culte auprès des amateurs de curiosités laisse pantois, entre ricanement , malaise et accablement.
Loin des pitreries de type chiens savants, mieux vaut se replonger dans "Freaks" de Tod Browning, où les monstres ne sont pas ceux qu'on croit :
Freaks V.O.S.T (Tod Browning) par yvon62100
A plus.
Fred.
Amis du mauvais goût, accrochez-vous ! Voici le premier western intégralement tourné par des
Nous sommes en 1938. De nombreux producteurs indépendants cherchent "la" bonne idée pour faire leur trou à Hollywood. L'un d'eux, Jed Buell croit avoir l'idée du siècle : produire un film uniquement interprété par des
Justement, ça tombe bien : le casting du "Magicien d'Oz" vient de commencer, et, pour le rôle des petits Munchkins, des centaines d'acteurs ont fait le déplacement à Hollywood. Pour la réalisation, Buell fait appel à Sam Newfield, grand nanardeur devant l'éternel, qui pondra moult bouses pour la Monogram, dont l'incroyable "Nabonga", dont je vous reparlerai un de ces quatre...
Mais le plus surprenant est qu'il arrive à intéresser au projet... la Columbia Pictures, qui, depuis le triomphe du "New-York/Miami" de Capra en 1934 , joue pourtant dans la cour des grands. Et le film se fait. Et ça donne ça :
Ou encore ça :
Eh oui, ils chevauchent des poneys !
Ce film, devenu aujourd'hui culte auprès des amateurs de curiosités laisse pantois, entre ricanement , malaise et accablement.
Loin des pitreries de type chiens savants, mieux vaut se replonger dans "Freaks" de Tod Browning, où les monstres ne sont pas ceux qu'on croit :
Freaks V.O.S.T (Tod Browning) par yvon62100
A plus.
Fred.
jeudi 27 octobre 2011
BIZARRERIES - 4 - ANAGRAM ET DANIEL PREVOST
Bonjour les amis !
Petit hommage, aujourd'hui, à un authentique détournement de jeu télévisé !
Au départ, à la rentrée 1984, sur TF1, nous avons un gentil jeu de lettres , vaguement inspiré des Chiffres et des Lettres, avec un peu d'informatique, présenté par Michel Constantin :
Génerique De l'emission ANAGRAM 06 Juin 1985 TF1 par BASF13
Emission très popote, où les invités font sagement les imbéciles.
Et puis, au bout d'une saison, Constantin, lassé, lâche l'affaire. Pendant l'été 85, divers présentateurs se succèdent , dont Pit et Rik, et... Daniel Prévost.
A qui, en Septembre, on décide de confier la présentation permanente de l'émission. Grave erreur. Très vite, Prévost décide de faire de l'émission son terrain de jeu, se moquant délibérément du jeu qu'il présente. Les arbitres et les invités (ici, Popeck, presque gêné) n'y peuvent rien, Anagram devient un pur moment d'anarchie télévisuelle :
Le succès de curiosité est immense. Et comme à l'époque des Shadoks, la France est coupée en deux, entre ceux qui regardent l'émission pour Prévost et ceux qui veulent retrouver leur jeu. Prévost va même jusqu'à moquer les "anciens", les yeux dans les yeux :
Constantin monte au créneau pour s'indigner, les producteurs, sentant que le jeu leur échappe, et TF1 décident d'arrêter les frais. Prévost est limogé en Décembre.
Le jeu redevient un jeu, et, évidemment, s'échoue, la descente d'acide étant trop violente.
Mais il me semble que Chabat se souviendra des débordements de Prévost quand il élaborera son "Burger Quiz"...
A plus.
Fred.
Petit hommage, aujourd'hui, à un authentique détournement de jeu télévisé !
Au départ, à la rentrée 1984, sur TF1, nous avons un gentil jeu de lettres , vaguement inspiré des Chiffres et des Lettres, avec un peu d'informatique, présenté par Michel Constantin :
Génerique De l'emission ANAGRAM 06 Juin 1985 TF1 par BASF13
Emission très popote, où les invités font sagement les imbéciles.
Et puis, au bout d'une saison, Constantin, lassé, lâche l'affaire. Pendant l'été 85, divers présentateurs se succèdent , dont Pit et Rik, et... Daniel Prévost.
A qui, en Septembre, on décide de confier la présentation permanente de l'émission. Grave erreur. Très vite, Prévost décide de faire de l'émission son terrain de jeu, se moquant délibérément du jeu qu'il présente. Les arbitres et les invités (ici, Popeck, presque gêné) n'y peuvent rien, Anagram devient un pur moment d'anarchie télévisuelle :
Le succès de curiosité est immense. Et comme à l'époque des Shadoks, la France est coupée en deux, entre ceux qui regardent l'émission pour Prévost et ceux qui veulent retrouver leur jeu. Prévost va même jusqu'à moquer les "anciens", les yeux dans les yeux :
Constantin monte au créneau pour s'indigner, les producteurs, sentant que le jeu leur échappe, et TF1 décident d'arrêter les frais. Prévost est limogé en Décembre.
Le jeu redevient un jeu, et, évidemment, s'échoue, la descente d'acide étant trop violente.
Mais il me semble que Chabat se souviendra des débordements de Prévost quand il élaborera son "Burger Quiz"...
A plus.
Fred.
mercredi 26 octobre 2011
BIZARRERIES - 3 - DROOPY SANS TEX !
Bonjour les amis !
On le sait peu, car ces cartoons sont bien cachés, mais Droopy a fait quelques infidélités à son génial créateur, Tex Avery.
En Juillet 1952, épuisé, car il s'implique énormément dans la réalisation de ses films, Avery prend un congé de huit mois. Fred Quimby, patron de la section animation de la MGM , décide alors de confier le personnage de Droopy à un nouvel arrivant, Dick Lundy.
Lundy n'est pas un inconnu dans le métier. Formé aux studios Disney, il a énormément contribué à l'élaboration du personnage de Donald Duck, dont il était le principal animateur. Dans les années 40, il passe à la mise en scène , et aux studios Universal, où il réalise d'assez bons épisodes de Woody Woodpecker.
Aucune raison, donc, pour qu'il ne fasse pas du bon boulot avec le personnage de Droopy. Hélas, Tex a placé la barre tellement haut que Dick se banane lamentablement :
A la MGM, nul n'est dupe du flop. Lundy est "réorienté" sur les cartoons de Barney Bear, autre personnage maison, sans doute moins exigeant. Quand à Droopy, il sera mis en sommeil jusqu'au retour d'Avery, en Mai 53.
Avery reprend donc les aventures de son chien-fétiche, mais, sommé pour raisons médicales de lever le pied, il délègue de plus en plus le travail à son chef animateur, Michael Lah, qui co-réalisera même deux cartoons avec lui.
Quand Avery quitte définitivement la MGM en 1954, c'est tout naturellement Michael Lah qui reprend le flambeau. Pendant ce temps, Hanna et Barbera succèdent à Quimby à la tête du studio.
Si l'univers des derniers cartoons d'Avery est respecté, il faut bien avouer, que, dans l'air du temps, le graphisme est de plus en plus épuré et l'animation de plus en plus limitée. Et comme c'est la mode, notre cher toutou passe au Cinémascope . Ce qui donne ceci :
( Parodie du "Blackboard Jungle/Graine de Violence" de Richard Brooks)
Le studio MGM ferme en 58. De nombreuses tentatives télé échoueront, toutes plus nulles les unes que les autres...
A plus.
Fred.
On le sait peu, car ces cartoons sont bien cachés, mais Droopy a fait quelques infidélités à son génial créateur, Tex Avery.
En Juillet 1952, épuisé, car il s'implique énormément dans la réalisation de ses films, Avery prend un congé de huit mois. Fred Quimby, patron de la section animation de la MGM , décide alors de confier le personnage de Droopy à un nouvel arrivant, Dick Lundy.
Lundy n'est pas un inconnu dans le métier. Formé aux studios Disney, il a énormément contribué à l'élaboration du personnage de Donald Duck, dont il était le principal animateur. Dans les années 40, il passe à la mise en scène , et aux studios Universal, où il réalise d'assez bons épisodes de Woody Woodpecker.
Aucune raison, donc, pour qu'il ne fasse pas du bon boulot avec le personnage de Droopy. Hélas, Tex a placé la barre tellement haut que Dick se banane lamentablement :
A la MGM, nul n'est dupe du flop. Lundy est "réorienté" sur les cartoons de Barney Bear, autre personnage maison, sans doute moins exigeant. Quand à Droopy, il sera mis en sommeil jusqu'au retour d'Avery, en Mai 53.
Avery reprend donc les aventures de son chien-fétiche, mais, sommé pour raisons médicales de lever le pied, il délègue de plus en plus le travail à son chef animateur, Michael Lah, qui co-réalisera même deux cartoons avec lui.
Quand Avery quitte définitivement la MGM en 1954, c'est tout naturellement Michael Lah qui reprend le flambeau. Pendant ce temps, Hanna et Barbera succèdent à Quimby à la tête du studio.
Si l'univers des derniers cartoons d'Avery est respecté, il faut bien avouer, que, dans l'air du temps, le graphisme est de plus en plus épuré et l'animation de plus en plus limitée. Et comme c'est la mode, notre cher toutou passe au Cinémascope . Ce qui donne ceci :
( Parodie du "Blackboard Jungle/Graine de Violence" de Richard Brooks)
Le studio MGM ferme en 58. De nombreuses tentatives télé échoueront, toutes plus nulles les unes que les autres...
A plus.
Fred.
mardi 25 octobre 2011
BIZARRERIES - 2 - LE FUHRER EN FOLIE !
Bonjour les amis !
Pour célébrer comme il le faut la diffusion du documentaire barbouillé "Apocalypse-Hitler", ce soir sur France 2, je me propose de rendre hommage à un des pires films jamais tournés sur le nazisme, et jamais tournés tout court, d'ailleurs.
Il s'agit du "Führer en Folie" de Philippe Clair (1973).
Tout ça, c'est la faute à Claude Zidi et aux Charlots. En tournant, à peu de frais , "Les Bidasses en Folie" en 1970, un des plus gros succès de l'année, ils ouvrent une boîte de Pandore qui va faire croire aux comiques de troisième zone qu'il suffit de prendre une caméra et d'aligner trois gags stupides pour faire un film qui rapporte.
Vont ainsi apparaître des cinéastes qui ont pour nom Michel Vocoret, Michel Gérard, et... Philippe Clair, ancien chansonnier spécialisé dans l'accent pied-noir.
Voici le pitch du film : La France et l'Allemagne sont en guerre. Adolf Hitler a défié les Alliés pour jouer le sort de la guerre au cours d’un match de football. Les troupes françaises s’entraînent dans le sport, mais le commandant est particulièrement énervé par trois recrues incompétentes. Il décide de se débarrasser d'eux en les envoyant en mission dans le territoire allemand.
Les trois footballeurs tombent sur une division de chars blindés, et ils y rencontrent Adolf Hitler lui-même. Le Führer les prend pour des sportifs professionnels et les embauche dans sa propre équipe.
Les trois sportifs sont obligés de jouer dans l'équipe nazie contre leur propre nation, et tentent tant bien que mal d'échafauder une tactique, tandis que le jour du match (arbitré par Monsieur Achtung)( !!) approche...
Hum. Vous pouvez constater par vous-même que le film prend de grandes libertés avec la vérité historique.
Soyons clairs , sur le papier, c'est déjà un désastre. Sur l'écran, c'est encore pire. Les trois lascars sont incarnés par Maurice Risch , Patrick Topaloff et l'ex-Charlot Luis Régo (encore loin des Flagrants Délires). Ils cabotinent avec un minimum de drôlerie et un maximum de vulgarité. Mais le pire, ce n'est pas cela.
Le pire, c'est Hitler. Pour l'incarner, Clair a choisi le chansonnier Henri Tisot, célèbre alors pour son imitation du Général de Gaulle, mais parfaitement incapable d'incarner son adversaire... Jugez-en :
Le Führer en folie : Le discours par Mandrakvids
La moindre comparaison de cette prestation avec celle de Chaplin dans "Le Dictateur" serait atomisante pour notre brave Riri...
Toujours dans sa bouffée d'inspiration délirante, le réalisateur confie le rôle d'Eva Braun à ... Alice Sapritch !
Mais le plus triste, dans tout ça, c'est sans doute Michel Galabru, dans l'interprétation la plus sinistre de sa carrière...
( Un accent allemand de toute beauté !)
Et Clair lui-même se permet d'intervenir dans sa daube, dans le rôle d'un curé pied-noir ( Arf ! Arf !)...
( Vous noterez la délicatesse esthétique des pyjamas bleu-blanc-rouge).
Arrêtons ici le carnage. Ce qu'on se demande en regardant ce film , c'est comment, comment, une telle chose a pu être financée, a pu être distribuée. Qui, sain de corps et d'esprit, a pu porter un tel projet jusqu'aux salles obscures ?
Aujourd'hui, le politiquement correct tout-puissant empêcherait le montage d'une telle bouse, il n'y a qu'à voir le ramdam autour de "La Vie est Belle", il y a quelques années...
Si la liberté y perd, la qualité y gagne. Incontestablement.
Allez, nettoyons-nous un peu les yeux et les oreilles :
A plus.
Fred.
Pour célébrer comme il le faut la diffusion du documentaire barbouillé "Apocalypse-Hitler", ce soir sur France 2, je me propose de rendre hommage à un des pires films jamais tournés sur le nazisme, et jamais tournés tout court, d'ailleurs.
Il s'agit du "Führer en Folie" de Philippe Clair (1973).
Tout ça, c'est la faute à Claude Zidi et aux Charlots. En tournant, à peu de frais , "Les Bidasses en Folie" en 1970, un des plus gros succès de l'année, ils ouvrent une boîte de Pandore qui va faire croire aux comiques de troisième zone qu'il suffit de prendre une caméra et d'aligner trois gags stupides pour faire un film qui rapporte.
Vont ainsi apparaître des cinéastes qui ont pour nom Michel Vocoret, Michel Gérard, et... Philippe Clair, ancien chansonnier spécialisé dans l'accent pied-noir.
Voici le pitch du film : La France et l'Allemagne sont en guerre. Adolf Hitler a défié les Alliés pour jouer le sort de la guerre au cours d’un match de football. Les troupes françaises s’entraînent dans le sport, mais le commandant est particulièrement énervé par trois recrues incompétentes. Il décide de se débarrasser d'eux en les envoyant en mission dans le territoire allemand.
Les trois footballeurs tombent sur une division de chars blindés, et ils y rencontrent Adolf Hitler lui-même. Le Führer les prend pour des sportifs professionnels et les embauche dans sa propre équipe.
Les trois sportifs sont obligés de jouer dans l'équipe nazie contre leur propre nation, et tentent tant bien que mal d'échafauder une tactique, tandis que le jour du match (arbitré par Monsieur Achtung)( !!) approche...
Hum. Vous pouvez constater par vous-même que le film prend de grandes libertés avec la vérité historique.
Soyons clairs , sur le papier, c'est déjà un désastre. Sur l'écran, c'est encore pire. Les trois lascars sont incarnés par Maurice Risch , Patrick Topaloff et l'ex-Charlot Luis Régo (encore loin des Flagrants Délires). Ils cabotinent avec un minimum de drôlerie et un maximum de vulgarité. Mais le pire, ce n'est pas cela.
Le pire, c'est Hitler. Pour l'incarner, Clair a choisi le chansonnier Henri Tisot, célèbre alors pour son imitation du Général de Gaulle, mais parfaitement incapable d'incarner son adversaire... Jugez-en :
Le Führer en folie : Le discours par Mandrakvids
La moindre comparaison de cette prestation avec celle de Chaplin dans "Le Dictateur" serait atomisante pour notre brave Riri...
Toujours dans sa bouffée d'inspiration délirante, le réalisateur confie le rôle d'Eva Braun à ... Alice Sapritch !
Mais le plus triste, dans tout ça, c'est sans doute Michel Galabru, dans l'interprétation la plus sinistre de sa carrière...
( Un accent allemand de toute beauté !)
Et Clair lui-même se permet d'intervenir dans sa daube, dans le rôle d'un curé pied-noir ( Arf ! Arf !)...
( Vous noterez la délicatesse esthétique des pyjamas bleu-blanc-rouge).
Arrêtons ici le carnage. Ce qu'on se demande en regardant ce film , c'est comment, comment, une telle chose a pu être financée, a pu être distribuée. Qui, sain de corps et d'esprit, a pu porter un tel projet jusqu'aux salles obscures ?
Aujourd'hui, le politiquement correct tout-puissant empêcherait le montage d'une telle bouse, il n'y a qu'à voir le ramdam autour de "La Vie est Belle", il y a quelques années...
Si la liberté y perd, la qualité y gagne. Incontestablement.
Allez, nettoyons-nous un peu les yeux et les oreilles :
A plus.
Fred.
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