mercredi 27 août 2014

CINEMA DE MINUIT - PEUR SUR (HERMAN) MELVILLE...

Bonjour les amis !

Dimanche, à 00 H 30, sur France 3 : Billy Budd (1962) , de Peter Ustinov...


C'est toujours un plaisir de retrouver le cher Peter Ustinov...
Ecrivain, metteur en scène de théâtre, scénariste, producteur , et évidemment comédien (il fut un inoubliable, quoique peu fidèle,  Hercule Poirot), il fut également le britannique le plus international et pourtant le plus british du monde. On connait peu son oeuvre de réalisateur, où il a surtout adapté ses propres pièces ou romans , comme Romanoff & Juliett ou Lady L.
Billy Budd marque son retour à la mise en scène de cinéma, et ses débuts de réalisateur à Hollywood, avec une adaptation... d'Herman Melville, le fameux auteur de Moby Dick. 
On y retrouve la fascination de celui-ci pour la lutte entre le Bien et le Mal. Le Mal, c'est le maître d'équipage du bateau L'Avenger, joué par Robert Ryan.



Pilier des grandes Séries B de la RKO dans les années 40 ( Nous Avons Gagné Ce Soir), il continuait alors une carrière de haute tenue, où sa gueule et son charisme allaient l'amener vers des rôles toujours plus sombres et des réalisateurs de première bourre ( Aldrich, Peckinpah)...





 Le Bien, c'est un jeune mousse de 20 ans, Billy Budd, joué par Terence Stamp.


C'est son deuxième film, et il en est la révélation. Loin des jeunes premiers britanniques d'alors, un peu fades (si l'on excepte Oliver Reed ), il impose son jeu moderne et constitue l'intérêt majeur d'un film inégal, qui laisse trop voir sa dimension théâtrale ( le film adapte une pièce tirée du roman) , et où le sage Ustinov, également chargé du rôle du capitaine du bateau, se voit un peu débordé par la machinerie pachydermique d'une production Warner en Cinemascope...

Bande annonce :


A plus.

Fred.





 


jeudi 21 août 2014

CINEMA DE MINUIT - FILMING OTHELLO...

Bonjour les amis !

Dimanche prochain, 24 Août, à 00 H 40, sur F3 : Othello (1948-52) , de Orson Welles...

Othello, c'est Orson Welles. Entendons-nous bien : non seulement Othello est joué par Orson Welles, mais Othello, le film , résume à lui seul l'intelligence, la détermination , mais aussi la scoumoune, et au bout de tout ça la grandeur artistique de Welles .
Welles décide de porter Othello à l'écran en 1948, alors que même que son précédent Shakespeare, Macbeth, est encore sur la table de montage...


Après une première approche du producteur anglais Alexandre Korda, c'est finalement un italien , Montatori Scalera, qui lui propose de tourner le film à Rome. Après avoir envisagé un tournage en extérieurs, Welles fait appel à Alexandre Trauner, qui lui dessine de somptueux décors, et commence les répétitions... à Paris. Léa Padovani, puis Cécile Aubry, sont envisagées pour le rôle de Desdémone, mais se désistent toutes deux.
C'est alors que Scalera reprend ses billes. C'est le début des ennuis. Pour financer le film, Welles investit ses cachets d'acteur et accepte donc de tourner Le Troisième Homme, Echec à Borgia, et La Rose Noire, dont les extérieurs se font ... au Maroc, qui séduit Orson.
C'est donc à Mogador que le tournage... ne peut pas commencer :  les costumes essayés à Rome y sont retenus, faute de réglement ! Le réalisateur improvise alors une scène : la tentative de meurtre de Cassio, qui, au lieu de se jouer dans une ruelle, se fait dans un bain turc, avec des comédiens juste vêtus de serviettes ! Betsy Blair, nouvelle Desdémone, ne donne pas satisfaction, et est renvoyée, juste avant que tout s'arrête, faute de sous. Nous sommes en Juillet 49.
Fin Aout, retour à Venise, avec une nouvelle Desdémone, et c'est fois, c'est la bonne : Suzanne Cloutier, jeune québécoise que Duvivier vient de révéler dans Au Royaume des Cieux...


Interrompu sans cesse, le tournage se poursuit cahin-caha à Rome, à Viterbe, où est tourné le fameux contrechamp de la scène de la punition de Cassio, dont le champ avait été filmé , des mois plus tôts, à Safi, au Maroc !
Nouvelle panne de sous. Trauner passe la main. Les techniciens aussi valsent gaiement.
Janvier 1950, retour au Maroc, avec une équipe minimum : seuls Suzanne Cloutier et Micheal Mac Liammoir ( Iago) sont convoqués ,  tous les autres comédiens étant remplacés par des doublures !
Plans tournés en muet, très brefs : le tournage principal s'achève enfin en Mai 1950.
Mais ce n'est pas fini. Le montage commence, effectué là où Welles cachetonne pour essayer de finir son film : Paris, Rome, Londres. La précipitation du tournage , et le choix d'une prise de son magnétique, rend une partie de la bande sonore inutilisable : un doublage est indispensable !
Eté 1951 : Welles se voit obligé de présenter un premier montage au Festival de Venise. Mais le son est désynchronisé et l'étalonnage inacceptable . Le film est retiré de la compétition !
Ensuite, c'est au théâtre, à Londres, que Welles "créera" le personnage d'Othello, tout en supervisant le doublage final du film, où il choisira de faire doubler entièrement Suzanne Cloutier par sa Desdémone de la scène londonienne, Gudrun Ure !
Au festival de Cannes 1952, le film est enfin montré dans sa version définitive, sous pavillon marocain (!) et remporte la Palme d'Or.
Et ce qui est magique, c'est que malgré tout ça,  le film est maîtrisé de bout en bout. Fonctionnant au plan bref, au faux raccord, au doublage approximatif ( il doubla lui-meme plusieurs comédiens !), Welles affirme une liberté de filmer absolue au service d'un théme récurrent dans son oeuvre  : plus que celle d'Othello et Desdémone, c'est la tragédie de Iago, agent du chaos, que le film , monté en flash-back, raconte.
Welles nous laissera également un précieux document, Filming Othello, où il raconte lui-même les péripéties du tournage, et l'intime connexion de ces péripéties avec l'histoire racontée.
Rien à ajouter, maintenant, il faut regarder.


Extrait :

A plus !

Fred.

Source principale : "Les Labyrinthes d'Othello", article de Jean-Pierre Berthomé, Positif n°449/450, été 1998.
 


dimanche 17 août 2014

CINEMA DE MINUIT - C'ETAIT BIEN, CHEZ LAUREN...

Bonjour les amis !

Changement de programme au CDM en hommage à Lauren Bacall, qui nous a quittés mardi dernier..


Ce soir, à 00 H 30, sur France 3 : Le Grand Sommeil (1946) d'Howard Hawks...

Ce n'est plus un secret pour personne : la carrière de Lauren Bacall  est intimement (au sens propre !) liée à celle d'Humphrey Bogart .
Elle a 19 ans, lui plus du double, quand ils se rencontrent sur le plateau du Port de l'Angoisse, d'Howard Hawks, en 1944. C'est le premier film de ce jeune mannequin, que Hawks a pris sous son aile, et espère bien mettre dans son lit. Pas de pot, dès leurs premières scènes, l'osmose est totale entre les deux comédiens, et la sensualité de leurs échanges fait frissonner le Code Hays.


Hawks fait travailler Bacall, lui donne son pseudonyme, et lui fait abaisser la tonalité de sa voix. Intimidée par la caméra, elle joue en baissant  le menton et en  levant  les yeux , ce qui lui vaut le surnom de The Look... Le film est un succès.




Mais son film suivant, Agent Secret, avec Charles Boyer, est un désastre, où elle échoue à prendre l'accent anglais ! 


Il faut sauver le soldat Bacall. Hawks et la Warner décident donc de reformer le couple. Ca tombe bien, ça les arrange : Bogart étant toujours marié à Mayo Methot, Humphrey et Lauren ont un mal fou à se rencontrer ! Un nouveau tournage est un excellent prétexte.
Le Grand Sommeil est l'archétype du film noir, son sommet aussi. Adapté de Raymond Chandler... par William Faulkner, c'est tout dire. Associé à la talentueuse Leigh Brackett, celui-ci livra au bout de huit jours un scénario aussi fidèle que possible à Chandler, et ... tout aussi peu logique ! Ce qui est une des caractéristiques du film. 
L'anecdote est connue mais résume bien l'esprit du scénario  : un jour, sur le tournage, Bogart interroge Hawks : "Mais , au fait, finalement, qui a tué le chauffeur ?". Personne ne peut répondre . Hawks appelle Faulkner au téléphone : "- Qui a tué le chauffeur ? - Je n'en sais rien !" Hawks appelle alors Chandler, qui lui dit : "C'est George !" Hawks réplique : "Ca ne peut pas être George, il était ailleurs à ce moment-là... ". Chandler lui répond : "Alors, je ne sais pas qui a tué le chauffeur !"...
De même , de nombreuses scènes furent ajoutées : la scène où Bogart interroge une bibliothécaire chaude comme la braise, jouée par Dorothy Malone , "juste parce que la fille était superbe", selon le mot de Hawks...

... Et d'autres scènes, "juste parce qu'elles étaient amusantes ". 
Amusant, le tournage ne le sera pas tant que ça. Déchiré entre Mayo et Lauren, Bogart boit comme un trou. 
Pour régler le problème, Hawks tente de coller Lauren dans les bras de ... Clark Gable ! Rien à faire...
Le tournage s'achève en Janvier 45, mais , pour appuyer sur la relation Bogart/Bacall, quelques scènes seront encore tournées... en Novembre , ( dix mois après !) , dont la scène , très coquine, où nos deux héros parlent de courses de chevaux... Détail qui a son importance : dans l'intervalle de ces dix mois, Bogart et Bacall se sont mariés !


Le film sort enfin en Août 1946. Il scelle définitivement l'avènement, à la ville comme à l'écran, du couple Bogart/Bacall. Ils tourneront encore deux films ensemble, et , surtout, resteront, avec le couple Spencer Tracy/Katherine Hepburn, un des couples les plus stables d'Hollywood, même si bon, d'accord...

Bacall brillera également seule, à de très nombreuses reprises, notamment dans le superbe La Femme Modèle , de Vincente Minnelli, en 1957 :

Cette même année 57 voit la mort de Bogart. Ce qui ralentira inexplicablement la carrière de Bacall, qui s'appuiera de plus en plus sur sa légende. Elle épousera un autre comédien, Jason Robards, au début des années 60, mais elle restera pour toujours la femme de Bogart, et l'incarnation définitive, avec Marilyn, Ava Gardner, Grace Kelly et quelques autres, du glamour hollywoodien.
Bande-annonce du film de ce soir, à ne pas rater, évidemment :
A plus !
Fred.
Bonus : galerie de portraits...
(première couverture de magazine, en 43...)




















samedi 9 août 2014

CINEMA DE MINUIT - RAVALEMENT DE FACADE AU 21...

Bonjour les amis !

Ce soir à 01 H 05 sur F3 : L'Assassin Habite au 21 (1942), de Henri-Georges Clouzot...


Premier film du grand  Henri-Georges Clouzot, et c'est un coup de maître. Le bonhomme avait déjà roulé sa bosse, durant les années 30, comme (excellent !) auteur de chansons grinçantes , notamment pour Marianne Oswald, pour laquelle il écrit le superbe "Jeu de Massacre"...



... et surtout comme scénariste à tout faire entre Paris, Londres et Berlin. Mais c'est durant l'Occupation  qu'il se fait remarquer, au sein de la Continental ( firme française à capitaux allemands), en signant l'adaptation très libre d'un roman policier de Stanislas-André Steeman, Le Dernier des Six...



Malgré la réalisation placide de Georges Lacombe, Clouzot parvient à transcender un matériau vieillot : il dynamise le personnage du détective Wens, le stylise et l'adapte à la personnalité de son ami Pierre Fresnay...


Il lui donne également une maîtresse, Mila Malou.. Mila est une chanteuse exubérante et assez frivole, personnage taillé sur mesure pour la propre compagne de Clouzot, la tourbillonnante Suzy Delair...



C'est également avec Le Dernier des Six que Clouzot impose son style, fait de personnages hauts en couleur, d'une atmosphère sombre et de dialogues cassants, taillés au cordeau.
Le film est un succès, et une suite est immédiatement mise en chantier. Clouzot pousse son avantage : il demande et obtient d'Alfred Greven, le patron de la Continental, de mettre en scène le film .
Et les quelques molesses du premier opus disparaissent. Clouzot bétonne son intrigue : d'une durée de 80 minutes, le film est un feu d'artifice incessant de scènes étranges, inquiétantes ou drôlatiques, de dialogues inoubliables , servis par une distribution impeccable, qui réunit les grands seconds rôles de l'époque : Pierre Larquey, Noël Roquevert, Jean Tissier...


... Et bien d'autres , remarquablement employés. Si L'Assassin, au vu de la carrière future de Clouzotn'est qu'un formidable exercice de style, on y trouve déjà , dans le dessin des personnages, notamment celui des pensionnaires des Mimosas, cette noirceur, cette cruauté qui caractérisera toujours l'univers de l'auteur.
L'Assassin sera également un très grand succès, qui permettra à Clouzot de monter son projet suivant, ô combien controversé, Le Corbeau ...


Un bijou , donc, à ne pas rater, surtout qu'il vient d'être restauré, car il en avait bien besoin ,  par la maison Gaumont  !

Bonne enquête !

Et pour la peine, deux extraits, deux échanges du couple mythique Wens-Mila Malou !




A plus !

Fred. 
 

dimanche 3 août 2014

CINEMA DE MINUIT - UN BEAU BOUT DE SOUFFLE...

Bonjour les amis !

Ce soir, à 00 H 45, sur F3 : Le Deuxième Souffle (1966), de Jean-Pierre Melville...


C'est avec ce ( grand !) film que s'installe  définitivement le mythe Melville , mis en place... par Melville lui-même ! Excellent publicitaire et producteur avisé autant que metteur en scène talentueux, sans doute inspiré par la méthode Hitchcock ( un des seuls réalisateurs que tout le monde pouvait reconnaître dans la rue !), Melville fait de chacun de ses films un évènement, d'abord en se mettant en avant, avec un look soigneusement étudié , fait d'un grand chapeau de cow-boy , de lunettes noires et de déclarations tranchées.


Nul doute que ce double  lui a été inspiré par le personnage d'écrivain vaniteux que lui a confié Godard dans A Bout de Souffle  :



Toujours est-il que Melville veut maintenant prouver et faire savoir qu'il est un auteur , et même, selon ses dires, LE premier auteur complet du cinéma français. Il achète ses propres studios, les Studios Jenner, pour y tourner ses films, et met à l'arrière-plan ses collaborateurs, comme ici, José Giovanni, pourtant auteur du roman original dont sont extraits la grande majorité des dialogues du film.
Giovanni et Melville se sont heurtés tout le long de la préparation du film , notamment sur la distribution. Melville voulait Ventura en flic, Paul Meurisse en truand . Giovanni voulait l'inverse, il avait raison, et il fut écouté. Pour le rôle du parrain de la mafia, Melville voulait... Tino Rossi !! Revenu à la raison, il prit l'inégal, mais ici assez puissant Raymond Pellegrin. Simone Signoret fut envisagée pour le rôle féminin, mais Melville ne la portant pas dans son coeur , il la remplaça par Christine Fabrega, seule véritable faiblesse du film.
Car si Melville était égomaniaque et tyrannique sur le plateau ( Ventura , eh oui, en bavait des ronds de chapeau), Le Deuxième Souffle est bel et bien un magnifique polar, un des plus beaux et des plus singuliers du Cinéma Français. Tournant le dos au pseudo-réalisme de Bob le Flambeur et de Deux Hommes dans Manhattan, le metteur en scène filme la cavale rédemptrice d'un homme , et son jeu de chat et de souris avec le flic qui le pourchasse. Il filme tout cela de façon très lente, mais très intense, s'attachant aux respirations, aux regards, aux non-dits de ces bonhommes pris dans une mécanique qui les dépasse. Melville trouve ici son style singulier, bourru , épuré, et très masculin, qu'il accentuera  encore plus avec Delon dans Le Samouraï, l'année suivante :



Et malgré tout le respect  que j'ai pour la mémoire d'Alain Corneau ( Ah, Série Noire !), son remake, en 2007, de ce bijou, ne fut que le codicille superflu d'une fort belle carrière...
 
 
Bande-annonce :

A plus !

Fred.


 

dimanche 27 juillet 2014

CINEMA DE MINUIT - JANE A TOUT DU FELIN, FAIT L'AUTRE...

Bonjour les amis !

Ce soir, à 00 H 50 sur F3 : Les Félins (1963), de René Clément...


 En 1963, René Clément sort du Jour et l'Heure, film de résistance interprété par Simone Signoret, et qui rencontre une relative incompréhension critique. Lui qui avait été, jusqu'ici, relativement épargné par la critique , se voit taxé de cinéaste démodé, propret. Il se lance alors dans ce qui sera sa dernière réussite artistique : Les Félins.
Clément décide de frapper un grand coup en réalisant un grand film noir américain français : en effet, si le film est de production hexagonale, une partie de sa distribution est US. De plus, il fait adapter le roman noir de Day Keene par un autre grand auteur du genre, Charles Williams ( Fantasia chez les Ploucs ).
Et pour faire bonne mesure, il confie le rôle principal du film à l'acteur qu'il a révélé avec son précédent polar, Plein Soleil : Alain Delon.


Un homme en fuite trouve refuge chez une femme qui l'engage comme chauffeur. Il découvrira trop tard qu'il est l'instrument choisi pour parvenir à l'assassinat du mari de la dame.
Comme tous les grands films noirs, celui-ci dépasse rapidement l'anecdote pour atteindre au tragique : celui d'un homme qui sera broyé par l'amour, le désir, l'ambition de deux femmes. Profondément noir et pessimiste, ce huis-clos étouffant est, pour nombre de critiques, supérieur en maîtrise au Plein Soleil précédemment cité .
Clément , s'il voulut faire impression, n'eut pas pour autant tant de moyens que cela : il souhaitait tourner en couleurs, on ne lui permit que le noir et blanc, ce qu'il regretta toujours. Pour les mêmes raisons budgétaires , ses acteurs américains ne sont pas, ou pas encore, des vedettes internationales, eh non, même pas Jane Fonda.


Jane , alors âgée de 25 ans, est une starlette fille-à-papa qui cabotine dans des teen-nouilleries cucul-la-praloche , ou des mélos secondaires , tel ce Dans la douceur de la nuit, tourné juste avant Les Félins :



Les Félins est un vrai porte-bonheur pour Jane : elle y montre qu'elle peut être une comédienne grave, intense, et surtout, pour la première fois, sexy, notamment dans les scènes avec Delon, qui ne sont pas sans préfigurer le tandem Delon-Romy Schneider de La Piscine :



D'autre part , tandis qu'elle est en France, elle tourne également dans la nouvelle version de La Ronde, signée Roger Vadim, qu'elle épousera et qui lui donnera le rôle mythique de Barbarella en 68 :


L'autre femme est moins connue : il s'agit de Lola Albright.

Sa carrière demeurera assez confidentielle jusqu'à ce qu'elle tienne un rôle régulier dans la série TV de Blake Edwards Peter Gunn, au thème musical inoubliable :


... Mais redeviendra assez confidentielle juste après.

Mais la plus grande curiosité du film demeure la présence du tout jeune Sorrell Booke, qui sera bien plus tard , en stetson et costume blanc, le cabotinant Boss Hogg de Sherif fais-moi peur !

 
Bande-annonce du film de ce soir :


A plus.

Fred.

samedi 19 juillet 2014

CINEMA DE MINUIT - DANIELLE MERITE VOTRE CONFIANCE !

Bonjour les amis !

Demain , dimanche, à 00 H 45 sur F3 : Abus de Confiance (1937) , de Henri Decoin...


Chic, chic, un Darrieux !
Résume des épisodes précédents : en 1935, Henri Decoin épouse Danielle Darrieux, qu'il a rencontrée sur le tournage de L'Or dans la Rue.  Celle-ci , à peine majeure, en est déjà à son quinzième film, où elle fait montre d'énergie, de naturel et d'ingénuité, ce qui fait d'elle la première jeune vedette du cinéma parlant. Mais les producteurs ne voient en elle qu'une aimable starlette, à l'avenir incertain. Decoin l'encourage alors à travailler, et surtout, à décrocher des rôles plus dramatiques, seul moyen de la rendre crédible aux yeux des milieu du cinéma. C'est ainsi qu'elle accepte le rôle principal féminin de Mayerling, d'Anatole Litvak, aux côtés de Charles Boyer.
Le film est un succès. Decoin, juste après avoir dirigé son épouse dans  Mademoiselle Ma Mère , une pure comédie ...


... décide alors d'enfoncer le clou du changement de registre en lui offrant un mélodrame : Abus de Confiance. 
Darrieux y joue une étudiante en droit , pauvre et orpheline, qui se fait passer pour la fille d'un riche homme de lettres. Prise de remords, elle veut avouer son imposture, mais s'en voit empêchée par la femme de l'écrivain.
Le film est construit pour tirer les larmes et y parvient. Il est surtout entièrement construit autour des états d'âme du personnage féminin. C'est véritablement un véhicule pour la jeune fille, à qui Decoin fait le cadeau de lui offrir comme partenaire Charles Vanel, le plus moderne des acteurs (déjà !) mûrs de l'époque.


Pour ne pas déstabiliser trop quand même les admiratrices de la comédienne, on inclut dans la distribution le trop gentil Pierre Mingand, partenaire récurrent, sur disques et sur films , de Danielle :


Pour la petite histoire , on remarquera également la présence d'Yvette Lebon, actrice météorique, mais qui était alors la compagne de Roger Duchesne, le futur Bob le Flambeur, de Melville, diffusé il y a quinze jours.
Eh oui, le monde est petit, ah là là... Et si je vous dis que la dame est encore parmi nous, qu'elle est même la doyenne des comédiennes françaises ( 103 ans !), vous vous direz comme moi qu'on est peu de choses...



Abus de Confiance fut un très grand succès, qui ouvrira toutes grandes les portes d'Hollywood à Danielle Darrieux. Elle y tournera La Coqueluche d'Hollywood (1938), mais le succès remporté là-bas ne lui suffira pas longtemps . Elle reviendra en France pour tourner avec Decoin ses deux plus beaux films de l'avant-guerre : Retour à l'Aube et Battement de Coeur... 


 

 

Coeur qui ne battra plus entre eux deux,  en tous cas plus aussi fort, puisqu'ils se sépareront en 1940, mais continueront à faire des films ensemble jusqu'au milieu des années 50...

 A plus !

Fred.