jeudi 18 septembre 2014

TRAQUEZ-MOI !

Bonjour les amis !

(Photo : Daniel Margreth)

Vous êtes amoureux(se) de moi ? Vous m'adorez ? Vous voulez me suivre à la trace ce week-end ? 
Eh bien c'est possible !
Rendez-vous donc 

Samedi 20 Septembre :

- à 11 H 15 à la Médiathèque de Nieuil l'Espoir, pour une rencontre autour du spectacle Ne demandez pas le programme, en compagnie de Patrick Le Mortellec.
 
- à 18 H 30 à la Maison des 3 Quartiers à Poitiers, pour un impromptu artistique à l'occasion de l'inauguration des 30 ans de la maison, avec les potes Julien Playe et Patrick Ingueneau.

- à 20 H 30 au Parc du Kiosque de Ligugé , pour un Mini-Viandox. En deuxième partie : le groupe Transbal Express.
 

Dimanche 21 Septembre :

- à partir de 15 H devant l'ancien théâtre de Poitiers , pour la Fête du Collectif du même nom.
- à 20 H au Cinéma Le Rex de Chauvigny, pour la présentation du film Johnny Got His Gun, de Dalton Trumbo.

Si vous faites tout ça, vous pourrez m'épouser.

On se voit la-bas.

A plus.

Fred.


 

SEANCES PATRIMOINE : C'EST REPARTI !

Bonjour les amis !

Cette année, comme la précédente, j'aurai la joie de vous présenter régulièrement des bijoux de la Cinématographie Mondiale aux Cinémas de Chauvigny, Civray, Gencay et la Crèche, dans le cadre des Séances Patrimoines CLAP !

Et nous commençons ce Dimanche 21 Septembre, à 20 H 00, au Cinéma Le Rex de Chauvigny, avec , peut-être , la plus belle fable antimilitariste jamais tournée, Johnny s'en va-t-en-Guerre !


 Réalisé par Dalton Trumbo en 1971 d'après son roman publié avant la Seconde Guerre Mondiale, ce film, qui comporte dans sa distribution Donald Sutherland et Jason Robards, remporta le Prix Spécial du Jury à Cannes.

Bande-annonce :

A Dimanche !

Fred.

mercredi 3 septembre 2014

CINEMA DE MINUIT - LE SATYRICON, CA OSE TOUT...

Bonjour les amis !

Dimanche, à 00 H 45, sur F3 : Satyricon (1969) , de Federico Fellini...


Le Satyricon est un des premiers romans de la littérature mondiale , rédigé au Ier Siècle après J.C. par Pétrone, dit-on. La paternité de l'oeuvre est en effet toujours sujet à polémique. Constitué de plusieurs fragments, publiés à divers époques, il commence à être connu en Occident dès le XVIème siècle. Mais cette satire des frasques amoureuses de trois jeunes homosexuels dans une Rome décadente connut surtout les affres de la censure, et en tira une réputation sulfureuse.
Plus que tout, il semble que ce soit l'aspect fragmentaire de l'oeuvre qui ait attiré le grand Federico Fellini, toutes ces zones d'ombre, constituant  une grande galaxie onirique, plongée dans l'obscurité, au milieu de l'étincellement d'éclats flottants qui sont parvenus jusqu'à nous... 
Fellini se lance donc dans l'aventure. Il faut dire que l'époque est avec lui et qu'en 1969, il est devenu possible de porter à l'écran des scènes d'amour entre hommes, parfois littérales, et les moeurs orgiaques d'alors. Satyricon marque donc une nouvelle étape dans la carrière du réalisateur, qui va ici bien plus loin dans le cru , que dans son oeuvre précédente, Juliette des Esprits, tournée quatre ans plus tôt...


Mais le film n'est pas que cela. Il est également la démonstration de l'incroyable créativité visuelle du maestro, qui filme l'inéluctable descente aux enfers de l'Amour et de l'Art au profit de la Mort.
Il n'y a en effet pas de complaisance, pas d'apologie dans le film. La Décadence n'est pas , comme dans La Grande Bouffe de Ferreri, par exemple, un bras d'honneur à la société. Les hommes y sont juste perdus, et se cherchent, sans se trouver.
La distribution est toute fellinienne, avec des gueules, des formes, et des surprises, telle la présence du claudelien Alain Cuny, des chanteuses-comédiennes Lucia Bose et Magali Noël, et de l'ancien mannequin Capucine.
A noter que ce n'est pas par snobisme que Fellini apposa son nom à celui de l'oeuvre dans le titre original , mais par obligation : un autre réalisateur, Gian Luigi Polidoro, s'était engagé sur une  adaptation du Satyricon avant Fellini. Celui-ci attaqua son concurrent... et perdit ! La United Artists racheta donc, à gros frais , les droits de distribution du dit film concurrent dès sa sortie, ce qui explique sa quasi totale invisibilité encore aujourd'hui...

Extraits de la version de Polidoro :




Et bande-annonce de la version de Fellini :


A plus !

Fred.

Sources : - Wikipedia
               - Fellini par Fellini, , entetiens avec Giovanni Grazzini, Calmann-Lévy, 1984.
 
 


mercredi 27 août 2014

CINEMA DE MINUIT - PEUR SUR (HERMAN) MELVILLE...

Bonjour les amis !

Dimanche, à 00 H 30, sur France 3 : Billy Budd (1962) , de Peter Ustinov...


C'est toujours un plaisir de retrouver le cher Peter Ustinov...
Ecrivain, metteur en scène de théâtre, scénariste, producteur , et évidemment comédien (il fut un inoubliable, quoique peu fidèle,  Hercule Poirot), il fut également le britannique le plus international et pourtant le plus british du monde. On connait peu son oeuvre de réalisateur, où il a surtout adapté ses propres pièces ou romans , comme Romanoff & Juliett ou Lady L.
Billy Budd marque son retour à la mise en scène de cinéma, et ses débuts de réalisateur à Hollywood, avec une adaptation... d'Herman Melville, le fameux auteur de Moby Dick. 
On y retrouve la fascination de celui-ci pour la lutte entre le Bien et le Mal. Le Mal, c'est le maître d'équipage du bateau L'Avenger, joué par Robert Ryan.



Pilier des grandes Séries B de la RKO dans les années 40 ( Nous Avons Gagné Ce Soir), il continuait alors une carrière de haute tenue, où sa gueule et son charisme allaient l'amener vers des rôles toujours plus sombres et des réalisateurs de première bourre ( Aldrich, Peckinpah)...





 Le Bien, c'est un jeune mousse de 20 ans, Billy Budd, joué par Terence Stamp.


C'est son deuxième film, et il en est la révélation. Loin des jeunes premiers britanniques d'alors, un peu fades (si l'on excepte Oliver Reed ), il impose son jeu moderne et constitue l'intérêt majeur d'un film inégal, qui laisse trop voir sa dimension théâtrale ( le film adapte une pièce tirée du roman) , et où le sage Ustinov, également chargé du rôle du capitaine du bateau, se voit un peu débordé par la machinerie pachydermique d'une production Warner en Cinemascope...

Bande annonce :


A plus.

Fred.





 


jeudi 21 août 2014

CINEMA DE MINUIT - FILMING OTHELLO...

Bonjour les amis !

Dimanche prochain, 24 Août, à 00 H 40, sur F3 : Othello (1948-52) , de Orson Welles...

Othello, c'est Orson Welles. Entendons-nous bien : non seulement Othello est joué par Orson Welles, mais Othello, le film , résume à lui seul l'intelligence, la détermination , mais aussi la scoumoune, et au bout de tout ça la grandeur artistique de Welles .
Welles décide de porter Othello à l'écran en 1948, alors que même que son précédent Shakespeare, Macbeth, est encore sur la table de montage...


Après une première approche du producteur anglais Alexandre Korda, c'est finalement un italien , Montatori Scalera, qui lui propose de tourner le film à Rome. Après avoir envisagé un tournage en extérieurs, Welles fait appel à Alexandre Trauner, qui lui dessine de somptueux décors, et commence les répétitions... à Paris. Léa Padovani, puis Cécile Aubry, sont envisagées pour le rôle de Desdémone, mais se désistent toutes deux.
C'est alors que Scalera reprend ses billes. C'est le début des ennuis. Pour financer le film, Welles investit ses cachets d'acteur et accepte donc de tourner Le Troisième Homme, Echec à Borgia, et La Rose Noire, dont les extérieurs se font ... au Maroc, qui séduit Orson.
C'est donc à Mogador que le tournage... ne peut pas commencer :  les costumes essayés à Rome y sont retenus, faute de réglement ! Le réalisateur improvise alors une scène : la tentative de meurtre de Cassio, qui, au lieu de se jouer dans une ruelle, se fait dans un bain turc, avec des comédiens juste vêtus de serviettes ! Betsy Blair, nouvelle Desdémone, ne donne pas satisfaction, et est renvoyée, juste avant que tout s'arrête, faute de sous. Nous sommes en Juillet 49.
Fin Aout, retour à Venise, avec une nouvelle Desdémone, et c'est fois, c'est la bonne : Suzanne Cloutier, jeune québécoise que Duvivier vient de révéler dans Au Royaume des Cieux...


Interrompu sans cesse, le tournage se poursuit cahin-caha à Rome, à Viterbe, où est tourné le fameux contrechamp de la scène de la punition de Cassio, dont le champ avait été filmé , des mois plus tôts, à Safi, au Maroc !
Nouvelle panne de sous. Trauner passe la main. Les techniciens aussi valsent gaiement.
Janvier 1950, retour au Maroc, avec une équipe minimum : seuls Suzanne Cloutier et Micheal Mac Liammoir ( Iago) sont convoqués ,  tous les autres comédiens étant remplacés par des doublures !
Plans tournés en muet, très brefs : le tournage principal s'achève enfin en Mai 1950.
Mais ce n'est pas fini. Le montage commence, effectué là où Welles cachetonne pour essayer de finir son film : Paris, Rome, Londres. La précipitation du tournage , et le choix d'une prise de son magnétique, rend une partie de la bande sonore inutilisable : un doublage est indispensable !
Eté 1951 : Welles se voit obligé de présenter un premier montage au Festival de Venise. Mais le son est désynchronisé et l'étalonnage inacceptable . Le film est retiré de la compétition !
Ensuite, c'est au théâtre, à Londres, que Welles "créera" le personnage d'Othello, tout en supervisant le doublage final du film, où il choisira de faire doubler entièrement Suzanne Cloutier par sa Desdémone de la scène londonienne, Gudrun Ure !
Au festival de Cannes 1952, le film est enfin montré dans sa version définitive, sous pavillon marocain (!) et remporte la Palme d'Or.
Et ce qui est magique, c'est que malgré tout ça,  le film est maîtrisé de bout en bout. Fonctionnant au plan bref, au faux raccord, au doublage approximatif ( il doubla lui-meme plusieurs comédiens !), Welles affirme une liberté de filmer absolue au service d'un théme récurrent dans son oeuvre  : plus que celle d'Othello et Desdémone, c'est la tragédie de Iago, agent du chaos, que le film , monté en flash-back, raconte.
Welles nous laissera également un précieux document, Filming Othello, où il raconte lui-même les péripéties du tournage, et l'intime connexion de ces péripéties avec l'histoire racontée.
Rien à ajouter, maintenant, il faut regarder.


Extrait :

A plus !

Fred.

Source principale : "Les Labyrinthes d'Othello", article de Jean-Pierre Berthomé, Positif n°449/450, été 1998.
 


dimanche 17 août 2014

CINEMA DE MINUIT - C'ETAIT BIEN, CHEZ LAUREN...

Bonjour les amis !

Changement de programme au CDM en hommage à Lauren Bacall, qui nous a quittés mardi dernier..


Ce soir, à 00 H 30, sur France 3 : Le Grand Sommeil (1946) d'Howard Hawks...

Ce n'est plus un secret pour personne : la carrière de Lauren Bacall  est intimement (au sens propre !) liée à celle d'Humphrey Bogart .
Elle a 19 ans, lui plus du double, quand ils se rencontrent sur le plateau du Port de l'Angoisse, d'Howard Hawks, en 1944. C'est le premier film de ce jeune mannequin, que Hawks a pris sous son aile, et espère bien mettre dans son lit. Pas de pot, dès leurs premières scènes, l'osmose est totale entre les deux comédiens, et la sensualité de leurs échanges fait frissonner le Code Hays.


Hawks fait travailler Bacall, lui donne son pseudonyme, et lui fait abaisser la tonalité de sa voix. Intimidée par la caméra, elle joue en baissant  le menton et en  levant  les yeux , ce qui lui vaut le surnom de The Look... Le film est un succès.




Mais son film suivant, Agent Secret, avec Charles Boyer, est un désastre, où elle échoue à prendre l'accent anglais ! 


Il faut sauver le soldat Bacall. Hawks et la Warner décident donc de reformer le couple. Ca tombe bien, ça les arrange : Bogart étant toujours marié à Mayo Methot, Humphrey et Lauren ont un mal fou à se rencontrer ! Un nouveau tournage est un excellent prétexte.
Le Grand Sommeil est l'archétype du film noir, son sommet aussi. Adapté de Raymond Chandler... par William Faulkner, c'est tout dire. Associé à la talentueuse Leigh Brackett, celui-ci livra au bout de huit jours un scénario aussi fidèle que possible à Chandler, et ... tout aussi peu logique ! Ce qui est une des caractéristiques du film. 
L'anecdote est connue mais résume bien l'esprit du scénario  : un jour, sur le tournage, Bogart interroge Hawks : "Mais , au fait, finalement, qui a tué le chauffeur ?". Personne ne peut répondre . Hawks appelle Faulkner au téléphone : "- Qui a tué le chauffeur ? - Je n'en sais rien !" Hawks appelle alors Chandler, qui lui dit : "C'est George !" Hawks réplique : "Ca ne peut pas être George, il était ailleurs à ce moment-là... ". Chandler lui répond : "Alors, je ne sais pas qui a tué le chauffeur !"...
De même , de nombreuses scènes furent ajoutées : la scène où Bogart interroge une bibliothécaire chaude comme la braise, jouée par Dorothy Malone , "juste parce que la fille était superbe", selon le mot de Hawks...

... Et d'autres scènes, "juste parce qu'elles étaient amusantes ". 
Amusant, le tournage ne le sera pas tant que ça. Déchiré entre Mayo et Lauren, Bogart boit comme un trou. 
Pour régler le problème, Hawks tente de coller Lauren dans les bras de ... Clark Gable ! Rien à faire...
Le tournage s'achève en Janvier 45, mais , pour appuyer sur la relation Bogart/Bacall, quelques scènes seront encore tournées... en Novembre , ( dix mois après !) , dont la scène , très coquine, où nos deux héros parlent de courses de chevaux... Détail qui a son importance : dans l'intervalle de ces dix mois, Bogart et Bacall se sont mariés !


Le film sort enfin en Août 1946. Il scelle définitivement l'avènement, à la ville comme à l'écran, du couple Bogart/Bacall. Ils tourneront encore deux films ensemble, et , surtout, resteront, avec le couple Spencer Tracy/Katherine Hepburn, un des couples les plus stables d'Hollywood, même si bon, d'accord...

Bacall brillera également seule, à de très nombreuses reprises, notamment dans le superbe La Femme Modèle , de Vincente Minnelli, en 1957 :

Cette même année 57 voit la mort de Bogart. Ce qui ralentira inexplicablement la carrière de Bacall, qui s'appuiera de plus en plus sur sa légende. Elle épousera un autre comédien, Jason Robards, au début des années 60, mais elle restera pour toujours la femme de Bogart, et l'incarnation définitive, avec Marilyn, Ava Gardner, Grace Kelly et quelques autres, du glamour hollywoodien.
Bande-annonce du film de ce soir, à ne pas rater, évidemment :
A plus !
Fred.
Bonus : galerie de portraits...
(première couverture de magazine, en 43...)




















samedi 9 août 2014

CINEMA DE MINUIT - RAVALEMENT DE FACADE AU 21...

Bonjour les amis !

Ce soir à 01 H 05 sur F3 : L'Assassin Habite au 21 (1942), de Henri-Georges Clouzot...


Premier film du grand  Henri-Georges Clouzot, et c'est un coup de maître. Le bonhomme avait déjà roulé sa bosse, durant les années 30, comme (excellent !) auteur de chansons grinçantes , notamment pour Marianne Oswald, pour laquelle il écrit le superbe "Jeu de Massacre"...



... et surtout comme scénariste à tout faire entre Paris, Londres et Berlin. Mais c'est durant l'Occupation  qu'il se fait remarquer, au sein de la Continental ( firme française à capitaux allemands), en signant l'adaptation très libre d'un roman policier de Stanislas-André Steeman, Le Dernier des Six...



Malgré la réalisation placide de Georges Lacombe, Clouzot parvient à transcender un matériau vieillot : il dynamise le personnage du détective Wens, le stylise et l'adapte à la personnalité de son ami Pierre Fresnay...


Il lui donne également une maîtresse, Mila Malou.. Mila est une chanteuse exubérante et assez frivole, personnage taillé sur mesure pour la propre compagne de Clouzot, la tourbillonnante Suzy Delair...



C'est également avec Le Dernier des Six que Clouzot impose son style, fait de personnages hauts en couleur, d'une atmosphère sombre et de dialogues cassants, taillés au cordeau.
Le film est un succès, et une suite est immédiatement mise en chantier. Clouzot pousse son avantage : il demande et obtient d'Alfred Greven, le patron de la Continental, de mettre en scène le film .
Et les quelques molesses du premier opus disparaissent. Clouzot bétonne son intrigue : d'une durée de 80 minutes, le film est un feu d'artifice incessant de scènes étranges, inquiétantes ou drôlatiques, de dialogues inoubliables , servis par une distribution impeccable, qui réunit les grands seconds rôles de l'époque : Pierre Larquey, Noël Roquevert, Jean Tissier...


... Et bien d'autres , remarquablement employés. Si L'Assassin, au vu de la carrière future de Clouzotn'est qu'un formidable exercice de style, on y trouve déjà , dans le dessin des personnages, notamment celui des pensionnaires des Mimosas, cette noirceur, cette cruauté qui caractérisera toujours l'univers de l'auteur.
L'Assassin sera également un très grand succès, qui permettra à Clouzot de monter son projet suivant, ô combien controversé, Le Corbeau ...


Un bijou , donc, à ne pas rater, surtout qu'il vient d'être restauré, car il en avait bien besoin ,  par la maison Gaumont  !

Bonne enquête !

Et pour la peine, deux extraits, deux échanges du couple mythique Wens-Mila Malou !




A plus !

Fred.