dimanche 12 avril 2015

CINEMA DE MINUIT - DWAN EN FURIE...

Bonjour les amis !

Ce soir, à 00 H 20 sur France 3 : La Femme qui faillit être lynchée (1953), d'Allan Dwan...

(Ah, voilà une affiche comme je les aime...)

                      Après le faux western de la semaine dernière, voici une parodie de western. En tous cas, c'est en ces termes que Dwan décrivait ce scénario, où , dans une même ville de l'ouest , séparée en deux par la Guerre de Sécession entre Nord et Sud (!!!) , deux femmes s'affrontent : la première reprend le saloon de son frère, la seconde dirige le clan qui tient la ville. Entendons-nous bien : il s'agit d'une parodie inconsciente. Dwan ne demandait pas à ses acteurs de faire drôle, il n'y a pas de gags, mais la mise en scène traite le sujet, abracadabrant, disons, à la légère. Ce qui donne, il faut le dire, un des meilleurs films de son auteur, succession de coups de théâtre ahurissants, s'achevant par une scène demeurée célèbre de duel final entre les deux femmes :




Atout important du film , les deux cow-girls en question . Exit Vera Ralston, voici Joan Leslie.


Jeune étoile de la Warner au début des années 40, elle tourna , entre autres, dans Sergent York, et dans le Correspondant 17 d'Hitchcock, mais elle fut peu à peu délaissée et récupérée par les studios B , comme Columbia et Republic. Dommage, car elle ne manque pas de charisme...


Sa rivale, Audrey Totter , ne s'en laisse pas compter non plus .

Fort sexy, comme vous pouvez le constater, elle sera lancée par la Warner dans l'impressionnante Dame du Lac , film noir de (et avec) Robert Montgomery, intégralement filmé en caméra subjective !


Mais la mode des femmes vénéneuses passa, et elle termina sa carrière à la télévision. 
Ce film, pêchu et réjouissant,  permet de retrouver ces deux beautés oubliées, et d'apprécier le sens du décalage du sieur Dwan !

Extrait :

A plus !

Fred.


vendredi 3 avril 2015

CINEMA DE MINUIT - PASSAGE EN DWAN...

Bonjour les amis !

Dimanche, à 00 H 00, sur F3 : La Belle du Montana (1950) , d'Allan Dwan...


Chic ! Après Deux Rouquines dans la Bagarre, diffusé il y a peu , le CDM a la bonne idée de nous proposer un cycle entier consacré à  Allan Dwan !
Comme je n'aime pas me répéter , je vous renvoie, pour la biographie du monsieur , à cet article-ci :
http://fredabrachkoff.blogspot.fr/2015/01/cinema-de-minuit-tornade-rousse.html

Le film de ce soir appartient à la période Republic, c'est le neuvième film de Dwan pour le studio et c'est un western. Enfin un faux western, destiné à mettre en valeur les deux "vedettes" maison, John Carroll et Vera Ralston. Ni l'un ni l'autre n'avaient l'étoffe de véritables stars.

Carroll, sorte d'Errol Flynn du pauvre , est surtout connu des cinéphiles avertis pour avoir incarné le vengeur masqué dans Zorro Rides Again, un des plus beaux sérials Republic, mis en scène par William Witney et John English en 1937 :



Quand à la mélancolique Vera Ralston, c'était la femme du Boss, comprenez la petite amie d'Herbert J.Yates, le patron de la Republic. Il essaiera très longtemps d'en faire l'égal des plus grandes, en vain.
La Belle du Montana est un faux western, car c'est le personnage féminin, comme dans de nombreux films de Dwan, qui mène le récit, où se mêlent des éléments de drame, voire de mélodrame .
Sally est une jeune femme qui sort de prison après avoir été condamnée pour complicité de meurtre. Pour récupérer sa petite soeur, placée à l'orphelinat, elle devient joueuse professionnelle sous le nom de Belle le Grand. Sur son chemin, elle croise un boursicoteur. Leur amour de l'argent les rapproche...
Le scénario , on le voit , fait preuve d'une certaine originalité, car le rapport à l'argent est au coeur du récit...

Comme tous les films du cycle, celui-ci est inédit en DVD. Raison de plus pour se laisser tenter et faire confiance au vétéran Allan Dwan.

A plus !

Fred .



samedi 28 mars 2015

CINEMA DE MINUIT - GERMI GERMANT...

Bonjour les amis !

Demain, à 00 H 00, sur F3 : Le Témoin (1946), de Pietro Germi ( supervisé par Alessandro Blasetti)...


Etrange début de carrière que celui de Pietro Germi. Celui qui connaîtra la célébrité avec des comédies italiennes grinçantes, telles Divorce à l'Italienne ou Séduite et Abandonnée...


... pratiqua dans les 15 premières années de sa carrière un cinéma bien différent, allant du polar au néo-réalisme, en passant par les films d'aventure. En cela , il se mit dans la roue de son mentor, Alessandro Blasetti, dont il fut souvent l'assistant. Cinéaste de l'Italie Fasciste, Blasetti accepta souvent toutes les besognes,y compris les plus propagandistes. Ce qui ne l'empêcha pas de donner également de fort jolis films , tel le fameux Quatre pas dans les nuages...

La Libération de l'Italie le contraignit à ralentir son activité et à faire profil bas. C'est peut-être ce qui explique qu'il en ait profité pour "pousser" son poulain, et se porter caution auprès des producteurs, pour que celui-ci puisse monter son premier film..
Le Témoin présente un pitch de film policier : un homme est accusé de meurtre  par un témoin oculaire qui se rétracte. L'homme, à sa sortie de prison,  retrouve le témoins  Mais nous ne sommes pas dans un thriller. La violence est absente du film. Nous sommes plutôt dans une réflexion autour de la culpabilité et des relations entre humains au sortir de la guerre. Le film, produit par une firme spécialisée dans les films religieux, vante le pardon, la rédemption, ce qui n'était pas du luxe dans l'Italie de 1946...

Une curiosité à découvrir .
Extrait :



samedi 21 mars 2015

CINEMA DE MINUIT - LE FILM DE PERSONNE...

Bonjour les amis !

Demain soir, à 00 H 00 :  Fils de Personne ( 1951) , de Raffaello Matarazzo...


Bon. Restons calme. Quinze jours seulement après nous avoir infligé le pachydermique Larmes d'Amour , impliquant le trio Matarazzo/Nazzari/Sanson, le CDM remet le couvert (sale) en nous proposant ce qui semble être leur plus grand succès.
Soyons honnête : je n'ai jamais vu le film en question. Mais le nombre assez impressionnant de films de Matarazzo diffusés dans l'émission depuis quelques années m'a permis de me faire une opinion sur  l'oeuvre du monsieur. Elle est assez négative. Il est pourtant présenté comme le roi du mélodrame à l'italienne. Dans ce cas, je n'aimerais pas connaître les dauphins.
Je n'aime pas le mélodrame. C'est un des rares genres que je rejette à priori. Ces histoires destinées à faire pleurer Margot reposent presque exclusivement sur des postulats réactionnaires : quand le sort et l'injustice s'acharnent, résignons-nous, acceptons le destin, et sacrifions-nous la larme à l'oeil. Le succès du genre dans l'Italie des années 50, fortement catholique, n'est pas surprenant.
Je n'aime pas le mélodrame, mais je sais reconnaître un grand réalisateur de mélodrames. Douglas Sirk en est un. En mêlant la noirceur des péripéties avec la flamboyance du technicolor, il donne du lyrisme à ses récits, met en avant la passion qui habite ses personnages  et les sort de La Veillée des Chaumières .
Presque toute son oeuvre en témoigne, et particulièrement l'étourdissant Ecrit sur du Vent :

 
Rien de tel chez Matarazzo. La mise en scène se met au diapason de dialogues écrits à la truelle par Aldo de Benedetti, qui n'aime rien tant que la redondance ( dans Larmes d'Amour, un personnage jaloux et désireux de briser le bonheur des personnages va déclarer : "Je suis jaloux et je n'aurai de cesse de briser votre bonheur", voyez le genre...), dialogues joués par des acteurs masculins raides comme des pépins (Amadeo Nazzari), ou humides du début à la fin du film, sans nuances (Yvonne Sanson). Dans le film de ce soir, et c'est, il faut le dire, au crédit de celui-ci, la méchante est jouée par notre Françoise Rosay nationale, pilier du cimé des années 30, et inoubliable chez Audiard en vieille buse de Faut pas prendre les Enfants du Bon Dieu pour des Canards Sauvages...


Mais comme le film est en VO, la chère Françoise est doublée. On va donc y perdre.
Bon, allez, le pitch du film , histoire de vous dégoûter totalement : une méchante comtesse (Rosay, donc) s'oppose au mariage de son fils avec une petite roturière . Quand celle-ci tombe enceinte , elle envoie le fiston se faire épouser par une autre , plus riche, en Angleterre. Mais ça ne lui suffit pas , à la vieille rosse : une fois le bâtard né, elle l'enlève (!), et fait croire à sa mort... La maman, je vous le donne en mille, finit par prendre le voile...
Quand je pense qu'il reste tant de comédies italiennes inédites...

PS : Certains critiques voient en Matarazzo un "grand cinéaste spiritualiste". C'est pire que ce que je pensais...

Quelques images du bidule... 


A plus !

Fred.




dimanche 15 mars 2015

CINEMA DE MINUIT - UN PONTIFICAT TROP LOIN...

Bonjour les amis !

Je n'ai pas eu le temps de chroniquer le film de la semaine dernière . Vous ne perdez rien, Larmes d'Amour, du sieur Rafaello Matarazzo étant un des pires mélos que j'aie jamais vus, digne d'un roman-photo de Nous Deux. Je persiste à ne pas comprendre l'engouement de certains pour ce réalisateur...

Bon.

Ce soir, à 00 H 25, sur France 3 : Au Nom du Pape Roi, de Luigi Magni (1977).

Encore un film bien mystérieux, redécouvert à l'occasion d'une récente ressortie en salles. Soyons honnêtes, l'oeuvre de Luigi Magni n'a jamais véritablement enthousiasmé les critiques. A une exception près : Jean Tulard, un des ses plus grands défenseurs, qui présente l'amusante particularité d'être également historien. Magni s'est en effet fait une spécialité de décortiquer des pans mal connus de l'histoire de son pays. Et en particulier du Risorgimento, cette période de la deuxième partie du XIXème siècle qui a vu naître l'unité de l'Italie.
Magni avait déjà abordé cette époque en 1969, en tournant Les Conspirateurs, avec Claudia Cardinale et, déjà, Nino Manfredi :




Cette fois, l'action se passe en 1867 . L'unité est presque faite : ne restent à l'écart que les états pontificaux de Rome et le Latium, sous protection de la France . Garibaldi est en marche pour achever le travail. C'est dans ce contexte qu'un attentat est commis à Rome . Trois révolutionnaires sont arrêtés . Ils doivent être jugés par le Tribunal du Sacré Collège. Mais le magistrat, un cardinal, se trouve être le père naturel d'un des garçons...
A travers ce fait divers, Magni montre un univers décadent, archaïque, qui se sait condamné ( Rome et le Latium tomberont avec Napoléon III en 1870) , mais va tout de même s'acharner pour réprimer le jeune mouvement révolutionnaire.
Ne nous y trompons pas : le film sort en 1977, et cette thématique, assez manichéenne, était présente dans bons nombres de films de l'époque.
Il bénéficie également de la présence de Nino  Manfredi, un des plus fameux comédiens de l'époque, qui a entre autres figuré dans une des plus belles comédies italiennes : Affreux, Sales et Méchants !


Une curiosité à découvrir...

Bande-annonce : 


A plus !

Fred.


















samedi 28 février 2015

CINEMA DE MINUIT - ARNAQUE A L'ITALIENNE...

Bonjour les amis !

Demain dimanche, à 00 H 15 sur France 3 : Il Bidone (1955) , de Federico Fellini...

Il Bidone appartient à la première époque du grand Fellini, celle d'avant La Dolce Vita, où la poésie et l'imagination de l'auteur s'exprimaient encore dans un cadre visuel hérité du néo-réalisme.
Il succède à deux chefs-d'oeuvre, Les Vitelloni et La Strada...



Le second, en particulier , fut un triomphe international , qui mit définitivement le metteur en scène sur orbite. Avec Il Bidone, Fellini délaisse un peu la poésie franche de La Strada pour poser les jalons de ce qui sera la grande comédie italienne : trois escrocs se déguisent en hommes d'église, en fonctionnaires, pour arnaquer leur prochain. Mais l'âge et la lassitude guettent... Ces trois "héros" sont un peu de vieux Vitelloni, des bricoleurs sans but, immatures, vivant au jour le jour et que la vie se charge de rattraper. Très grinçant, le film fait un peu le procès des Pieds Nickelés : des fripouilles cruelles, cyniques, pas très intelligentes, mais finalement pétries d'humanité.
Si la formidable compagne de Fellini, Giulietta Masina , apparaît dans le film, celui-ci tourne autour du trio de pauvres types, incarnés par Richard Basehart, Broderick Crawford et Franco Fabrizi.

Richard Basehart, acteur américain, fit une carrière internationale , lancée par son rôle du Fou dans La Strada. Dans une filmographie en dents de scie, il eut la chance de tourner, entre autres, avec Samuel Fuller et John Huston.

Franco Fabrizi, souvent cité ici, fut un des piliers du cinéma italien. Lancé, lui, par les Vitelloni, il affiche à son tableau de chasse plus de 120 films signés Antonioni, Zampa... et bien sûr Fellini.


Broderick Crawford, qui joue le plus vieil escroc, est lui aussi américain. Sa gueule et sa carrure le rendirent très populaire à Hollywood où il obtint un Oscar en 1949 pour le film-charge Les Fous du Roi , de Robert Rossen :


Capable de jouer à peu près tout, du rire aux larmes, Crawford est le pivot de cette histoire tragi-comique , qui inspirera aussi bien Le Pigeon , de Monicelli...


... Qu'Un Drôle de Paroissien, de Mocky !

A ne pas rater !

Bande annonce :



A plus !

Fred.



dimanche 22 février 2015

CINEMA DE MINUIT - LE VOLONTE DU PEUPLE...

Bonjour les amis !

Tout d'abord, je vous présente mes excuses : un emploi du temps particulièrement chargé m'empêche de mettre à jour ce blog comme je le voudrais. Cet état de fait devrait durer jusqu'à la fin du mois de mars. Mais là, j'ai une heure devant moi, profitons-en.

Ce soir, à 00 H 15 sur France 3 : Enquête sur un Citoyen au dessus de tout Soupçon (1970), d'Elio Petri.

 Ah, celui-ci, ne venez pas dire que je ne vous en ai jamais parlé pour vous le citer en exemple. Eh bien le voilà. LE film-étalon du thriller politique. Loin devant les oeuvres contemporaines de Costa-Gavras, et aussi saignant que les meilleurs Rosi.  Enquête... ( oui, c'était le début des titres à rallonge) est le chef -d'oeuvre de Petri.
Celui-ci a toujours vu dans le cinéma un moyen d'exprimer ses convictions sur la schizophrénie de l'Italie de son époque, à la fois meurtrière et prude. Le film illustre parfaitement ce thème : un homme tue sa maîtresse. Il est policier. Loin de se couvrir, il va alors tout faire pour que les enquêteurs remontent jusqu'à lui. Mais il reste intouchable. Satire impitoyable du conformisme aveuglant de la société italienne, le film est non seulement splendidement construit, mais il est porté de bout en bout par son acteur principal Gian Maria Volonte.


Celui-ci fut d'abord spécialisé dans les rôles de méchants, notamment aux côtés de Clint Eastwood dans les westerns de Sergio Leone. Ce fut Petri qui fit évoluer sa carrière en lui proposant le rôle du prof idéaliste d'A Chacun don dû, en 1967...


Mais c'est Enquête qui assura la célébrité des deux hommes. Couvert de prix, le film fit de Volonte l'homme des films politiques pour toute la décennie : L'Affaire Mattéi, Sacco et Vanzetti, L'Attentat...
Quand à Petri, il signa deux autres films d'importance, encore plus politiques, encore plus engagés, mais un poil moins aboutis  : La Classe Ouvrière va au Paradis (71)...


... et La Propriété, c'est plus le Vol (1973)...


Quand ses collègues Mario Monicelli, Cesare Zavattini et Ettore Scola virent le montage final d'Enquête, ils lui dirent simplement : Fuyez !!!

A voir absolument .


Avec en prime, une magnifique partition d'Ennio Morricone  :





A plus !

Fred.