lundi 24 octobre 2011

BIZARRERIES - 1 - JOCELYNE DORIAN...

Bonjour les amis !

Pendant ces quelques jours toussainesques, je vous propose un petit cycle consacré à des chansons, cartoons, films, surprenants.
Et je commencerai par l'étrange Jocelyne Dorian, qui chante avec emphase les grands corps de la République, comme la douane, ou, ici, la gendarmerie :



Ca swingue, non ?
"La vie aurait bien moins de charme si tout était permis", "une nation sans gendarmes, c'est un aveugle sans son chien". Le moins qu'on puisse dire des chansons de Jocelyne, c'est qu'elles ouvrent le débat...

Elle démarre sa carrière dans les années 60, de façon assez orthodoxe en passant, comme Françoise Hardy ou Hugues Aufray, par le Petit Conservatoire de Mireille. Dans la foulée, elle enregistre quelques disques yéyé...


Un temps parrainée par Aznavour, elle ne parvient toutefois pas à percer.
On perd alors sa trace, jusqu'au début des années 2000, où elle revient avec ce répertoire, disons... hum... pointu.
Elle y est accompagnée (lourdement) par la Musique de la Gendarmerie Mobile (!)
En écoutant ses textes, on constate que son approche n'est même pas politique, on ne peut pas dire que ses chansons soient réacs ou fachos : elle est juste dans le mythe , dans l'exaltation des garants de l'ordre, représentés comme défenseurs absolus de la veuve et de l'orphelin. C'est, en fait, de la chanson ultra-naïve, et, à la fois, complètement pompière.
On ne peut en tous cas pas lui reprocher de ne pas être droite dans ses convictions : un de ses disques en préparation s'appelle : "Hommage à la Police Nationale"...



( Jocelyne et ses amis sur le plateau de Pascal Sevran, juste avant de faire pèter le Champomy...)

Si vous êtes curieux et avez envie d'en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous :

SITE DE JOCELYNE DORIAN




A plus.
Fred.

dimanche 23 octobre 2011

CINEMA DE MINUIT - CARREFOUR DE L'EXIL...

Bonjour les amis !

Ce soir, à 00 H 15, sur France 3 : " Carrefour" (1938) de Kurt Bernhardt...


Kurt Bernhardt fait partie de cette génération de jeunes cinéastes allemands que le nazisme contraignit à l'exil.
Un exil qui ne lui fut pas aisé : en 1933, sautant sur un contrat qui lui permettait de tourner un film à Paris ("Le Tunnel" avec Jean Gabin), il apprit en arrivant en France que le film serait finalement tourné... à Berlin. Retour à la case départ, où il fut immédiatement arrêté par la Gestapo. Il put heureusement être libéré et re-rejoindre la France. S'ensuivirent quelques années où il tourna peu, entre la Grande-Bretagne et notre pays.
Et c'est ce "Carrefour" qui lança sa carrière , puisqu'il lui permit de décrocher un contrat avec la Warner et de partir pour les USA, où sous le nom de Curtis Bernhardt, il mènera un assez beau parcours hollywoodien.

"Carrefour" est considéré comme un des meilleurs films de son auteur. Cette histoire d'un amnésique rattrapé par son passé et par un maître chanteur s'avère en effet passionante. On dit même qu'elle a inspiré Léo Malet pour son "120, Rue de la Gare", première enquête de Nestor Burma.
Le film est, de plus, porté par deux superbes comédiens , au jeu, encore aujourd'hui, étonamment moderne :

D'abord, l'inoubliable Jules Berry.


Trop souvent considéré comme un habile cabotin, ce natif de Poitiers (eh oui !) était en fait un comédien surprenant et à l'instinct très sûr. Il faut dire qu'il n'avait pas trop le choix : sa passion pour les courses et le casno, ainsi qu'une mémoire défaillante l'obligeaient souvent à arriver sur le plateau à la dernière minute et à improviser durant les prises, ce qui ne se faisait pas à l'époque. Et la plupart des réalisteurs ont convenu que ses trouvailles étaient le plus souvent justes, pour ne pas dire géniales. Sur le plateau du "Jour se lève" de Prévert et Carné, Gabin, acteur très "carré", était en admiration devant lui.


Le jour se leve par Corey71

Ses dettes de jeu l'obligèrent à accepter tout et n'importe quoi , ce qui abîma le lustre de sa filmographie.
Mais aujourd'hui, la moindre de ses apparitions laisse pantois, à quelques exceptions près ("Les Visiteurs du Soir").
Il fut un temps marié à Suzy Prim, actrice truculente qui joue également dans le film.

Mais il est surtout confronté au monumental Charles Vanel.


Monumental, déjà , par l'extraordinaire longévité de sa carrière ( premier film en 1912, dernier en 1988, à l'âge de 96 ans !), qui lui a fait traverser toutes les grandes vagues du cinéma, mais également monumental par sa faculté d'adaptation et son engagement de comédien. Il passe sans soucis du muet au parlant, des rôles de jeunes premiers à ceux de la maturité, puis , enfin, à ceux de patriarche, avec une énergie et une intelligence constante. Rappelons seulement qu'en 1954, à 60 ans passés, il dame le pion (et largement !) au jeune Montand dans "Le Salaire de la Peur" de Clouzot , particulièrement dans la scène dite de "la mare de pétrole", où vous apprécierez l'engagement physique du sexagénaire...



De même, dix ans plus tard, il tiendra la dragée haute à Belmondo dans "L'Aîné des Ferchaux" de Melville...
Jusqu'à sa mort, il restera un homme fin, dévoué à son métier, modeste, alors que, sur l'écran, quelque soit l'époque de sa prestation, il demeure simplement bluffant.

Bonne séance.

A plus.
Fred.

vendredi 21 octobre 2011

ARGUMENT IMPARABLE...

Bonjour les amis !

Maintenant que Khadafi est mort et que l'épouse Sarkozy a pondu , vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas aller voir le formidable CATCH D'IMPRO qui se tient ce soir, à 20 H 30, à la MDE !
Un grand moment de tripes, de sueur et de sobriété artistique !

A ce soir.
Fred.

mercredi 19 octobre 2011

M LE MOODYS,,,

Bonjour les amis !

Bon, je vais enfoncer une porte ouverte, mais c'est tout de même insupportable.
Insupportable de se réveiller le matin en apprenant qu'un pays, qu'une nation, s'est fait sermonner comme un gamin par une bande de soi-disant-experts encravatés, pratiquant ce que personne n'ose nommer un chantage.
Soit le pays diminue sa dette, dans les plus brefs délais, soit sa "note" (venant de qui ? De quoi ? Sur quel critère ?) sera "dégradée". Notez qu'on ne dit même pas "abaissée", mais "dégradée", histoire d'accentuer l'humiliation de la chose, magie du langage...
Et alors quoi ? La France empruntera plus difficilement, et à des taux d'intérêt plus élévés. Comme nous sommes déjà en plein dans l'économie virtuelle, cette sanction paraît étrangement abstraite.
Quoi qu'il en soit, on nous prépare à nous serrer encore une fois la ceinture. A vivre avec moins d'argent, moins de travail, moins de sécurité. En échange de quoi ? En échange de rien. Juste parce que le Dieu Fric, lui-même en grande partie responsable de la spéculation et de la folie financière, nous l'ordonne. Superstition. Et même plus de salut à la fin. Juste l'espoir que peut-être, nous soyons moins nombreux à crever de faim au terminus.
Pourquoi, alors, se lever le matin ? L'UMP commence à atttaquer Hollande sur le théme du rêve. Bah, oui, mon p'tit Copé, la politique, c'est offrir du rêve, de l'espoir aux gens, c'est au moins leur permettre d'envisager un avenir moins pourri.
L'UMP voudrait que les Français leur signent un acte de résignation, un engagement à en chier leur gueule pour les 5, 10, prochaines années. Non, non. Les Français ne sont pas fous. Ils savent qu'ils sont dans la merde. Ils savent qu'ils sont en train de se faire avoir jusqu'au trognon. Ils souhaitent seulement une chose, un petit geste : qu'on ne les oblige pas, en plus, à acheter la vaseline...

A plus.
Fred.

mardi 18 octobre 2011

VOIX DE LA VRAIE FRANCE - CHRONIQUE DU 12/10...

Bonjour les amis !

Avant que l'on oublie définitivement son nom, un petit hommage à :

JEAN-MICHEL BAYLET

( Cliquez ci-dessus !)

A plus.
Fred.

lundi 17 octobre 2011

MESSIEURS, A VOUS LA MAIN !!

Bonjour les amis !

On pourrait faire un bouquin , rien que sur les 15 derniers jours,avec les "brèves de Copé" ! Hier soir, le patron de l'UMP en était encore à chouiner que les socialistes avaient occupé le terrain depuis deux mois avec les primaires, et que le temps du débat allait enfin pouvoir reprendre.
Alors,deux remarques :
- D'abord, ce petit couplet est étrange, de la part du bonhomme qui, seul, "va au charbon " depuis un mois face aux socialistes. Je ne pense pas que ce soit parce que les média n'ont que SON numéro de portable. Il s'agit visiblement d'une stratégie, destinée à éviter que les bouilles des ténors UMP soient associées au succès socialiste. Pas de quoi pleurer là-dessus, donc.
- Deuzio, mon petit Jean-François, je crois que ce temps de parole, les Français l'attendent de pied ferme. Ils attendent de voir avec curiosité comment vous allez défendre votre bilan, fait de promesses intenables et non tenues (plus personne ne dormira dehors/ Travailler plus pour gagner plus), de démantèlement du service public, de reprise en main de la justice et des média, de copinage incessant ( Bettencourt, Lagardère), d'accablement des minorités ( les roms !), de bêtise crasse assumée (Nadine Morano !), et d'une politique de serrage de ceinture pour tous, sauf, evidemment , les plus riches , les copains , à qui ils faut cirer les bottes, car, soi-disant, ils créent des emplois...
Non, Jeff, t'es pas tout seul : nous serons nombreux à t'écouter, toi et tes amis, nous expliquer, avec des sanglots dans la voix, qu'il faut être responsable, que la crise est là, qu'il ne faut pas rêver... Tu peux rêver, toi, que nous serons amnésiques. Mais je crains fort que ton temps de parole, quelqu'il soit, ne te revienne inéluctablement à la gueule comme un boomerang.
Oh, que j'aimerais être un boomerang...

A plus.
Fred.

dimanche 16 octobre 2011

CINEMA DE MINUIT - LA THEORIE DE LA RELATIVITE DE BERNSTEIN...

Bonjour les amis !

Ce soir , sur France 3, à 00 H 15 : "Mélo" de Paul Czinner (1932).


Ouille, ouille, ouille... Henry Bernstein.
Bien oublié aujourd'hui, Bernstein fut pourtant un des boulevardiers les plus célèbres du début du XXème Siècle. Hélas, ses oeuvres vieillisssent assez mal, et "Mélo", qui est pourtant une de ses pièces "tardives" (1929) , n'échappe pas à la règle. C'est un théâtre psychologique bourgeois, assez précieux et assez vain.
De plus, l'homme n'était pas très sympathique. Danielle Darrieux raconte même qu'il pratiquait allègrement le harcèlement sexuel sur ses comédiennes ...
Quoi qu'il en soit, dans les années 30, c'est un auteur important, et le jeune cinéma parlant se précipite tout naturellement sur ses pièces.
Le premier intérêt de cette version de "Mélo", réalisée par l'obscur Paul Czinner, réside dans sa distribution, qui réunit trois acteurs "typiques" des années 30.
Tout d'abord, Gaby Morlay.


Gaby Morlay est une des figures les plus attachantes du théâtre et du cinéma des années 10 à 50. En effet, elle se fait connaître très jeune dans les premières piéces de Guitry et les films de Max Linder. Mais comme beaucoup de boulevardières, elle ne percera vraiment au cinéma qu'à l'avènement du parlant. Et très vite, elle devient une des incontournables de l'écran.
Son jeu assez maniéré, assez "speed", et son physique atypique, peuvent faire sourire aujourd'hui, mais il faut avouer qu'elle ne manque pas de charisme, et que, bien dirigée, elle se montre très émouvante.
Son rôle le plus populaire, elle le trouve en 1941, dans le mélo crypto-pétainiste "Le Voile Bleu", énorme succès à l'époque, et difficilement regardable aujourd'hui.



Ensuite, Pierre Blanchar.


Inévitable jeune premier , Pierre Blanchar a joué dans un nombre conséquent de films importants : "Les Croix de Bois", "L'Atlantide", "Crime et Châtiment", et plus tard, "La Symphonie Pastorale". Hélas, son jeu excessif, sa voix chevrotante, son grand sérieux ont tendance à "plomber" les personnages qu'il incarne, comme ici, dans le discours final des "Croix de Bois" (1932 - 16 ème minute de l'extrait) :



Et enfin, Victor Francen, qui contrairement aux deux autres, ne faisait pas partie de la distribution de la pièce à sa création .


Alors, lui, Francen, c'était l'homme des grands drames militaires, des aventures coloniales. Il portait toujours une casquette de marin, un casque de colon, et posait au Garde-à-Vous. Sa fine moustache incarnait à elle seule l'Empire Français.
Mais son rôle le plus intéressant fut dans le superbe "La Fin du Jour" de Duvivier (1937), où , aux côtés de Michel Simon et Louis Jouvet, il incarne un pathétique comédien finissant. Et il l'incarne fort bien, car, en tant que comédien, il valait mieux que la plupart des rôles qu'on lui a confiés... Jugez-en :



L'autre intérêt de cette version de Mélo est historique. En effet, en 1986, Alain Resnais, qui n'a jamais eu peur des matériaux périlleux, s'attaque à la pièce de Bernstein. Il choisit Arditi, Azéma, Ardant et Dussolier. Et c'est cette version-là que l'Histoire du Cinéma a retenu. Pour ceux qui ont vu cette version, ce sera l'occasion de faire la comparaison...



A plus.
Fred.