dimanche 22 décembre 2013

CINEMA DE MINUIT - ZIEGFELD ET SES TROIS DRÔLES DE DAMES...

Bonjour les amis !

Ce soir, à 00 H 25 sur France 3 : "La Danseuse des Folies Ziegfeld" (1941) de Robert Z. Leonard...


Pas de session Tex Avery pour les fêtes cette année, mais nous allons quand même avoir droit, pendant trois semaines, à notre ration de brillantes comédies musicales estampillées MGM !!
Et nous commençons ce soir avec ce "Ziegfeld Girl". En effet, dans les années 30-40, il y avait deux catégories de comédies musicales : celles avec "Ziegfeld" dans le titre , et les autres ! Bon, j'exagère un peu , mais j'y reviendrai...
Qui était donc ce Florenz Ziegfeld dont c'est-y-qu'on cause ?


Eh bien, c'était ce bonhomme-là , qui était tout simplement le plus grand producteur de spectacles américain du début du XXème Siècle. S'inspirant des Folies Bergères parisiennes, il monta moult revues impressionnantes, à base de machineries sophistiquées et de p'tites dames aux longues jambes. Il a profondément marqué l'esthétique du musical américain, de Busby Berkeley à Moulin Rouge. 
Son sens aigu de la publicité en fit également un homme populaire et une "marque" renommée.  Il était normal qu'Hollywood veuille lui rendre hommage et s'inscrire dans sa filiation.
Mais Ziegfeld ne donna jamais lieu à un film digne de son nom, et ce n'est pas faute, pour la MGM, d'avoir essayé.
Et ça commence en 1936, où Robert Z.Leonard, déjà lui, monte Le Grand Ziegfeld, biopic ostentatoire et pachydermique , d'une durée de trois heures ( !) où l'excellent William Powell campe le fin producteur :


Malgré la présence d'un nombre imposant de stars maison, le film est une demi-réussite, d'abord parce qu'il est trop long. Cela reste tout de même le meilleur film de Robert Z. Léonard, que certains critiques méchants réduisaient trop vite au Z de son nom.... le film  remporte d'ailleurs , en 1936, L'Oscar du Meilleur Film. Quand on pense que c'est l'année du Fury de Fritz Lang, ça laisse songeur...
En 1946, dix ans plus tard, le grand producteur Arthur Freed entame l'âge d'or du Musical MGM avec Ziegfeld Follies , où Powell reprend son rôle, cette fois en couleurs :.


8 réalisateurs, 39 (!) scénaristes , 13 compositeurs, et un casting de rêve , celui qui va porter le studio sur les fonds baptismaux pendant 15 ans : Judy Garland, Esther Williams, Lucille Ball, Cyd Charisse, Lena Horne, Gene Kelly, Fred Astaire...
Hélas, hélas, cette fois encore, la profusion nuit à la cohérence du film , qui se réduit à une succession de numéros d'inégale valeur. Le film reste tout de même dans les mémoires pour l'UNIQUE scène, très réussie d'ailleurs, réunissant Astaire et Kelly, sous l'oeil de Vincente Minnelli...


Et, entre ces deux films-là, eh bien, il y eut , en 1941, le film de ce soir, Ziegfeld Girl. Le titre est doublement mensonger : d'abord, on n'aperçoit pas Ziegfeld dans le film, d'autre part, ce n'est pas une fille, mais trois, dont nous sommes invités à suivre les parcours, trois danseuses qui connaîtront des destinées différentes, heureuses ou tragiques, dans le métier ou non . Si Leonard ne s'est pas transformé d'un coup en grand styliste, il bénéficie pour ce film d'un trio de rêve , qui fait tout le prix du film :


De bas en haut :
Judy Garland
Hedy Lamarr
Lana Turner 



Judy Garland est alors une des étoiles numéro un du studio , grâce, bien sûr, au Magicien d'Oz , et à son duo artistique et amoureux avec Mickey Rooney, qui permit à la MGM, alors à la ramasse niveau comédie musicale , de jouer à égal niveau avec la Warner et la RKO, qui tenaient jusque là les rênes du genre...


Hedy Lamarr fut d'abord, quand à elle, un objet de scandale. Dans son pays d'origine, la Hongrie, et sous le nom de Hedy Kiesler, elle se fera connaître en apparaissant nue dans le film Extase , en 1933 :


Malgré sa réputation sulfureuse, en 1938, elle convaint (difficilement) Mayer de l'engager, et, à petits pas, parvient à accèder aux premières marches du podium. Son indéniable sex-appeal a longtemps fait oublier qu'elle fut également inventeur , avec George Antheil, d'un système de radio-guidage de torpille durant la Seconde Guerre Mondiale ! Incroyable mais vrai !


Lana Turner, en voilà une également qui avait du sex-appeal à revendre ! Actrice limitée, ancien mannequin, elle était d'une incroyable photogénie qui incitera les plus grands , et notamment Douglas Sirk, à l'engager. Mais c'est Tay Garnett qui en fera une garce définitive dans le justement renommé Facteur Sonne Toujours Deux Fois, , en 1942 :


Au milieu de ces sublimes créatures, on remarque le cher James Stewart, dans le rôle du  compagnon d'infortune de Lana Turner , ici un peu en retrait , ce qui s'explique sûrement par le fait qu'il venait de s'engager dans l'armée de l'air  américaine ( un an avant Pearl Harbour !) .



On ne le reverra sur un écran que cinq ans plus tard, en 1946, dans La Vie est Belle de Capra...

Enfin, on peut noter  la présence du crooner Tony Martin, peu charismatique, mais qui aura la chance de devenir le mari au long cours de la plus belle danseuse d'Hollywood : Cyd Charisse...


Veinard, va !

Bref, pas un classique du genre, mais un film bien agréable à regarder, pour qui aime , le glamour, la musique le mélodrame... et les chorégraphies du grand Busby Berkeley, même s'il est à cette époque déjà un peu sur le déclin...

Bande-annonce :


Joyeux Noël à tous !
Fred.








 


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